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Value/Croissance, Small/Large, où en est-on ?

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Est défini ici comme “value”, ce qui a un prix en bourse faible devant une quantité donnée : les revenus, les actifs etc. Sont donc “value” les sociétés à faible P/E, P/B, P/FCF etc. Sont définies comme société de croissance, les sociétés à fort P/E, P/B, P/FCF etc. On peut contester cette appellation (ce qui me semble légitime car on peut être en croissance du CA et avoir un prix faible) mais c’est comme ça. Prenons-le comme une définition. Vous pouvez remplacer si vous voulez, value par “pas cher”, et croissance par “cher”. Ou par A et B.

Je veux compiler dans cet article quelques graphes que j’ai croisés sur ma route ces derniers mois et qui m’ont paru intéressants, voire édifiants, sur la divergence de prix entre value et croissance.

Quelques graphes sur la divergence entre petites et grandes capitalisations m’ont semblé parlant également.

▣ Value/Croissance

Le premier graphe donne le rapport des indices MSCI Europe Value et MSCI Europe Croissance depuis 20 ans. Ce rapport est de 1 alors qu’il était de 1,8 en 2007. Nous sommes revenus au point bas de 2000 : l’indice value est à un point bas par rapport à l’indice croissance.

La seconde figure, donne non pas le rapport des indices, mais le rapport des P/E des deux styles : P/E(Croissance) / P/E(Value) depuis 2006. La médiane de ce rapport est évidemment supérieure à 1, et vaut 1,4. On voit que le rapport est nettement sorti de ses variations “usuelles” des dernières années : le P/E des sociétés de croissance est quasiment le double du P/E des value(1).

Le phénomène n’est pas seulement européen. Ci dessous(2), le rapport MSCI Croissance / MSCI Value (courbe bleue) mais, cette fois, pour le monde, ainsi que le rapport des bénéfices en vert. Le rapport est 2,5 fois plus grand qu’en 2007. La divergence est donc encore plus importante qu’en Europe (rapport de 1,8). La comparaison avec la courbe verte, montre que cette divergence ne répond plus à une divergence des bénéfices (ou de façon devenue très amplifiée).

La figure suivante montre la même chose avec une représentation légèrement différente, et sur une plus longue échelle de temps. Est montrée ici, la valeur du décile des actions les moins chères relativement au reste du marché, pour les US, le Monde et les émergents. Nous sommes à un plus bas des value depuis la bulle de 2000.

Voici une façon légèrement différente de le voir. Il s’agit du rapport de performance annuelle, lissée sur 10 ans, des sociétés à bas P/E (value) sur les valeurs à haut P/E (croissance). Seule la période de 10 ans, entourant la bulle des dotcoms, a vu une sur-performance des sociétés de croissance (de 2,7 %), ainsi que la période actuelle(3). 

La figure suivante(4) compare, depuis 1990 et dans le monde, le prix du style value à trois autres styles : croissance, momentum et qualité (chaque courbe est le rapport du quintile le plus élevé sur le moins élevé de sa catégorie). On voit nettement que le style value est actuellement le plus décoté respectivement à chacun des trois autres.

Small/Large

Passons maintenant à la valorisation respectives des petites par rapport aux grandes capitalisations(5). Cette courbe représente le rapport de valorisation (en EV/EBITDA) des petites capitalisations en France sur les grandes capitalisations du CAC 40. En 2010, l’EV/EBITDA moyen des small caps valait environ 1,2 fois celui des larges. Après une première correction en 2011, et une seconde en 2018, le rapport est maintenant inversé. L’EV/EBITDA moyen des large caps vaut 1,1 fois celui des smalls.

Sur une plus longue échelle de temps, voici la proportion de la capitalisation des smalls par rapport au marché complet aux US. Depuis 1975, la capitalisation totale du marché a oscillé entre 22 et 40 fois celle du marché des smalls. Elle est actuellement de 40 fois.

 

Conclusion

Nous sommes actuellement à un point bas jamais atteint depuis la bulle des dotcoms. Un point bas de valorisation des actions value vs. croissance, et des actions small vs. large. Comme à chaque fois que les valorisations vont à un extrême, on entend des justifications répétées en boucle sur les plateaux de radio et télé. Et quand on changera de paradigme, on entendra les mêmes répéter pourquoi, maintenant, ce n’est plus comme avant.

En ce qui me concerne, je ne sais pas quand le paradigme changera. Et quand il changera, je ne pourrai m’en rendre compte qu’a posteriori. Comme tout le monde.

Je continue donc mon petit bonhomme de chemin, sans dévier de trajectoire, en compagnie des  value et small, et malgré la sous-performance de ces deux styles depuis 2018.

Je rermercie les forumeurs, et copains, qui m’ont fait découvrir ces figures, et qui se reconnaitront.

JL – 7-11 novembre 2020.

 

Mises à jour

 

▣ Value/growth(6)

Voici l’équivalent du premier graphe mais sur une plus longue période et avec quelques marqueurs :

Voici au contraire un zoom (impressionnant) sur 2020 :

JL – 12 novembre 2020.

La même figure en français et en plus joli(7) :

JL – 13 novembre 2020.

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  1. Ces deux premières figures sont issues de “Value Vs Croissance”, DNCA investments. https ://www.dnca-investments.com/actualites/2019-11-06-value-vs-growth-sommes-nous-a-la-veille-d-un-changement-de-cycle. []
  2. Les deux prochaines figures proviennent d’une lettre trimestrielle de la firme financière GMO. https ://www.gmo.com/europe/research-library/2q-2020-gmo-quarterly-letter/. []
  3. Source : https ://www.wisdomtree.com/strategies/value-investing-strategy-etfs. []
  4. Source : https ://www.devenir-rentier.fr/p444508#p444508. []
  5. Document Portzamparc, Zoom Mid & small caps, 1er avril 2020. []
  6. Source. Un article qui résume bien la situation : https ://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Doit-on-enfin-acheter-des-actions-decotees—31767561/ ?countview=0. []
  7. Source les Echos : https ://www.lesechos.fr/idees-debats/crible/boursestyle-de-gestion-rotation-cherche-retournement-1264333. []
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Magillem, en liquidation volontaire

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C’est ce qu’on peut appeler une situation spéciale. Un investissement pas ordinaire. On a en effet appris que Magillem  allait se mettre en liquidation volontaire. Nous allons ainsi voir un exemple pratique de liquidation qui demande réflexion. En effet, le cours actuel (20 €) est 10 % sous le prix auquel seront rachetées une partie des actions (22,41 €) et 30 % sous la valeur de la société (30 €) selon Investir.

▣ Acte I. La liquidation

Magillem est une petite société, d’environ 50 M€ de CA et 40 employés, qui édite un logiciel de niche pour le milieu industriel. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a savoir en ce qui concerne le métier. En effet, la thèse d’investissement est ailleurs. Je suivais la société de loin depuis que Boris m’en avait parlé (cf. valeurbourse.com). Mon intérêt avait quelque peu grandi quand on a appris le 2 octobre, par le site spécialisé VIPress, et par celui de la société, que Magillem avait conclu un accord pour vendre son fonds de commerce. Il restait donc de grosses incertitudes, notamment sur l’utilisation du produit de cette vente. Allait-il être distribué aux actionnaires ou réinvesti ? La première éventualité paraissait la plus probable mais pas certaine.

▣ Acte II. Valeur des actifs

L’investissement m’est apparu ensuite évident quand nous avons appris le 16 octobre, en pleine séance boursière, et par un article de presse (Investir.lesechos.fr), que le produit de la liquidation reviendrait aux actionnaires, s’ils approuvent la décision en assemblée générale. De façon assez incompréhensible, la société elle-même ne communiquait pas sur cette vente.

Voyons donc combien nous allons, ou pourrions, toucher. Avec le bilan annuel de l’exercice clos au 30 juin 2019, nous avons, à quelques détails près :

  • Nombre d’actions = 445 220
  • Cours de référence = 20 €
  • Capitalisation = 8,9 M€
  • + Trésorerie et équivalents= 2,45 M€
  • – Dettes financières = 0,29 M€
  • = Trésorerie nette = 2,16 M€
  • + Créances(1) et charges d’avance = 6,93 M€
  • – Dettes d’exploitation et produits d’avance = 2,51 M€
  • = Actifs d’exploitation nets = 4,41 M€
  • + Immobilisations financières = 0,18 M€
  • + Produit de la vente des actifs 8 M$ = 6,8 M€
  • – Impôts sur les bénéfices de la vente = 28 % x ( 6,8 – 0,8) = 1,70 M€
  • + Bénéfice 2019-2020 = 0,72 M€
  • = Produits de la vente des actifs nets et autres = 6,05 M€.
  • On obtient alors la somme :
  • Total des actifs nets = 12,62  M€
  • Total des actifs nets par action = 28,34 €.

C’est donc le maximum de ce que nous pourrions toucher. Ceci dans le cas où les créances clients resteraient propriété de Magillem après la vente.

Acte III. Précisions sur la cession

J’étais en train de finir la rédaction de cet article, le mardi 20 octobre, lorsque la société a enfin diffusé un communiqué pour préciser les conditions de cette vente et de la liquidation. On apprend que :

  1. Une assemblée générale mixte aura lieu le vendredi 27 novembre 2020, à huis clos, pour délibérer sur l’approbation des comptes, l’affectation du résultat de l’exercice, l’autorisation de cession du fonds de commerce, et la liquidation volontaire.
  2. Le résultat du dernier exercice est 718 375 €.
  3. Le fonds de commerce est bien vendu pour 8 M$.
  4. “Le fonds de commerce cédé comprendra la quasi totalité des éléments d’actifs appartenant à la Société (notamment certaines créances clients) ainsi que les contrats la liant à ses clients.”
  5. Sur les 8 M$ : 5 M$ sont payables de suite, puis sous condition, 2 M$ un an après, 1 M$ deux ans après.
  6. La trésorerie disponible sera distribuée aux actionnaires en plusieurs étapes.
  7. La première étape sera une réduction de capital, sous forme d’un rachat d’un maximum de 72 % des actions au prix de 22,41 €/action, prévu pour fin 2020/début 2021.
  8. Les étapes suivantes seront réalisées dans un délai d’environ deux ans suivant la vente, dans des conditions non précisées.

Puis, le 22 octobre, la société a diffusé la convocation à l’AG. Elle reprend les éléments précédents, à ceci près qu’il est écrit cette fois : “Le fonds de commerce cédé comprendrait l’ensemble des éléments d’actifs appartenant à la Société (notamment les créances clients) ainsi que les contrats la liant à ses clients.” On comprend d’après cette formulation que toutes les créances clients seraient cédées. Ce n’est pas rien car cela représentait 3,24 M€ au 30 juin 2019, soit la moitié du prix de vente. Si c’est le cas, la valeur des actifs restants seraient de 9,38 M€ soit un total d’actifs nets par action de 21,07 €.

Acte IV. Et au minimum ?

Il y a donc un certain nombre d’incertitudes dans ce dossier, notamment la quantité de créances clients cédées, qui représente quand même 7,28 € par action au total. On ne sait pas non plus si d’autres actifs ont été cédés ou quels frais vont engendrer les deux prochaines années de liquidation. J’ai écrit à Madame Geday, PDG de Magillem, pour obtenir des précisions sur ces points, mais n’ai reçu aucune réponse.

Il paraîtrait logique, que le prix de l’offre de la première étape, pour l’instant 22,41 €, fournisse un minimum, ou au moins une approximation, du prix qui sera offert pour les 28 % d’actions restant. Mais rien ne le garantit. Là est l’incertitude majeure du dossier. C’est pourquoi les 22,41 € ne doivent pas être considérés comme un prix plancher. Le marché ne s’y est pas trompé : le cours ne s’est pas ajusté à ce prix.

Je propose donc d’estimer un minimum de ce qui pourrait revenir à l’actionnaire. On peut penser que les 22,41 € seront versés une fois que les dettes auront été apurées ou provisionnées. Il restera alors au terme du deal, au minimum 3 M$, dans les caisses. Auxquels, il faudra soustraire au maximum les impôts sur le bénéfice de la vente, si ceux-ci n’ont pas été provisionnés. Il y aura certes d’autres menues dépenses à faire, mais je n’en tiens pas compte car elles devraient être d’un ordre de grandeur plus petit, et en partie compensées par le reliquat restant début 2021. Après la première étape, il restera donc au minimum (3 M$/ (1,17 $/€) -1,7 M€) / (0,28 x 445 220 actions) = 6,96 € à distribuer à chacune des actions encore en circulation. On peut donc estimer un prix minimum de l’action de 18,08 € (0,72 x 22,41 + 0,28 x 6,96).

Conclusion

Le première observation est que le fonds de commerce est vendu à prix bradé. Si la totalité des créances clients est cédée, ce qui représente 3,2 M€ sur un prix de vente brut de 6,8 M€, on arrive alors à un prix de vente net de 3,6 M€ pour une société en croissance, avec un produit intéressant, dégageant en moyenne 0,9 M€ de bénéfice sur les trois dernières années : ce serait vraiment donné, et il faut se poser la question de voter contre la cession.

Quelques conclusions émergent :

  • Il reste beaucoup d’incertitudes, on ne sait pas exactement ce qui est cédé et gardé.
  • Si les créances clients sont cédées, on ne sait pas à quelle date ceci est acté, ni si les créances ont pu être soldées plus rapidement que d’habitude.
  • 72 % du capital sera racheté à 22,41 €. On n’a aucun prévisionnel de retour pour les 28 % restants. Pourra-t’il être inférieur, ou au contraire supérieur à 22,41 € ?
  • Le maximum que l’actionnaire pourra récupérer est de l’ordre de 28 €.
  • Le minimum me semble être de 18 €.
  • Le plus probable est, selon moi, autour de 21 €. Ceci est compatible avec une première offre à 22,41 € maximum.

Avec les premières informations (créances clients conservées, au moins en majorité), l’affaire paraissait fort intéressante, c’est pourquoi j’avais procédé à de gros achats à 20,40 €. Quand on a appris que les créances clients seraient cédées, j’ai déchanté, refait mes calculs et revendu mes actions. Je ne m’interdis toutefois pas d’en racheter si le cours descendait bien plus bas. Ce n’est évidemment pas un conseil d’achat ou de vente.

Je suivrai avec intérêt le dénouement de l’affaire.

JL – 25 octobre 2020.

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  1. Comme il n’y a pas eu de défaillance client en 2019, j’ai compté les créances à 100 % de leur valeur. []
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Hipay, vers la rentabilité ?

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Cela fait déjà pas mal de temps que nous sommes quelques copains à suivre et à avoir acheté des actions Hipay. Si j’ai décidé d’écrire un article aujourd’hui, c’est parce que le rapport financier du 1er semestre 2020 indique que la rentabilité est enfin quasi positive, alors que le cours est encore au tapis.

Je ne vais pas faire une longue présentation de la société : l’essentiel a été écrit par Boris dans son article.

Le groupe

Le groupe Hipay est un prestataire de services de paiement français indépendant agréé en tant qu’établissement de paiement. Le groupe possède deux filiales opérationnelles : HiPay SAS (France) et HiPay ME SA (Belgique). Il y a cependant un projet de réunion des activités sous le seul agrément de HiPay SAS afin de simplifier la gestion opérationnelle et réglementaire. Une des forces de Hipay semble être de proposer une solution de paiement omnicanale. Celle-ci consiste à permettre au consommateur de naviguer sans encombre entre les solutions de paiement en magasin, sur le mobile, sur le PC, et avec les divers moyens d’achat : CB, cartes cadeaux, les e-chèques-vacances etc. L’abandon de commande en cours de navigation est ainsi grandement diminué (on parle d’augmentation du taux de conversion).Continuer la lecture →

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Reporting mai-août 2020

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La Covid-19 nous l’a déjà un peu fait oublier, mais en juin, une information fracassante a retenti dans le monde de l’investissement : l’annonce de la fraude et du dépôt de bilan de Wirecard. Deux jours avant le dépot de bilan, la société allemande de paiements électroniques écrivait : “le groupe indique avoir des ‘discussions constructives’ avec ses prêteurs au sujet de ses lignes de crédit et de ses emprunts dus à la fin du mois de juin”. Si jamais nous avions un doute, l’élément de langage “discussion constructive” ne signifie pas grand-chose, essayons de nous en souvenir. J’ai lu aussi, après les premières annonces : “En attendant d’y voir plus clair, Moody’s a dégradé de six crans la note crédit de Wirecard, à B3, soit en catégorie spéculative.” Toujours en retard d’une guerre, les agences de notation. J’ai la faiblesse de penser que ce dépôt de bilan, et la perte consécutive de clients par Wirecard, sont plutôt bons pour Hipay. Enfin, cette histoire a donné l’occasion à Mirabaud Securities de rappeler les signaux de fraude qu’ils utilisent. Il peut être intéressant de garder cette liste dans un coin de sa tête : cf. article sur BFM Bourse.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Pas énormément de mouvements ces 4 derniers mois :Continuer la lecture →

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Vicat, un investissement en béton ?

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Nous, les investisseurs value, sommes des ringards. Nous n’avons pas compris le nouveau paradigme des marchés : croissance, croissance, croissance. Si, en plus, c’est de la techno, c’est carrément le Graal. Nous, les investisseurs value, n’achetons que des vieux chevaux qui ne sont plus bons à rien. Voilà ce qu’on peut lire ici et là. Tout ce que je peux dire c’est que depuis quelques années, le secteur value de la cote n’est pas aimé. Et qu’en plus les small caps subissent un gros trou d’air depuis 2018. Et alors ? Qu’est-ce que j’en fais ? Examinons les possibilités. Est-ce que je sais quand le marché va changer d’avis sur le secteur value ? Surement pas. Est-ce que je sais analyser si une croissance est pérenne ? Non. Est-ce que je suis à l’aise à payer une société chère ? Non. La conclusion s’impose d’elle-même : continuer à faire une chose que je sais à peu près faire et avec laquelle je suis à l’aise. Acheter des sociétés à des prix value. Et Vicat en est un bel exemple. Une société ringarde (du ciment !), sans croissance, française. Mais pas chère.Continuer la lecture →

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Reporting janvier-avril 2020

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Le printemps 2020 fût tout sauf banal. Après avoir cru que le Covid-19 ne serait qu’une “gripette”, alors qu’une province chinoise était confinée (nous avons été un peu aveugles, moi le premier), nous avons eu à nous confiner nous aussi. Et nous avons du faire ce qui semblait impossible jusque là : arrêter tout un pan de l’économie, pour éviter d’avoir des morts inacceptables parce que l’on n’aurait pas pu les prendre en charge en réanimation. Il y eut le krach boursier, faisant faire des -50 % à des valeurs pourtant solides. Il y eut enfin un krach mémorable du pétrole, vécu en direct le 20 avril. Je vis en quelques heures, le pétrole WTI descendre de 11 $ à 5 $, puis en quelques minutes passer en territoire négatif et ce jusqu’à -37 $, perdant -305 % dans la journée. Le contrat future pour livraison physique le 20 mai se terminait ce jour et il n’y avait plus de place pour stocker le pétrole qui serait livré : certains traders devaient absolument céder leur position quitte à payer pour les vendre. Que nous réservent les prochains mois ? Mystère.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Le marché déprimé m’a fait procéder à quelques arbitrages et aller-retours entre janvier et mars :Continuer la lecture →

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Videlio, l’affaire du moment ?

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Vidélio (ex IEC Professionnel Média) est une nano cap active dans la vidéo. Elle conçoit, réalise et exploite des systèmes audiovisuels professionnels dans les domaines du sport, de l’événementiel, de la croisière maritime, des musées, de la scène, du cinéma, de la musique, des médias, de l’hotellerie-restauration, et du corporate en général. Cette société ne semble pas intéresser les investisseurs : j’ai trouvé très peu d’information sur les forums boursiers.

▣ Données financières brutes

Lorsqu’on compile quelques données financières brutes (cf. rapport annuel 2019), on reste interloqués par ses ratios de valorisation très faibles :Continuer la lecture →

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Coronavirus, que faire ? II

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Dans le monde, tous n’ont pas encore bien saisi la gravité de la pandémie de Covid-19. Et c’est bien normal, car ce n’est pas un problème simple.

▣ La gravité de la pandémie

Et pour en mesurer la gravité, il faut faire une petite révision de l’exponentielle, ou des intérêts composés.

Il y a deux facteurs de gravité : en France, sans confinement, le nombre de malades (et de morts) progresse de 30 % par jour. Ce qui fait le “x 2 en 3 jours” que vous avez entendu à la radio. Cela n’a l’air de rien, mais rappelez-vous de la fonction exponentielle :  avec 30 % par jour, on passe de 10 000 infectés à 400 000 dans 2 semaines, et à…. 25 millions dans un mois. Les hôpitaux sont incapables d’absorber cette affluence, vous mourrez dans un couloir d’hôpital, ou même chez vous car personne ne pourra vous emmener. Le but du confinement est de diminuer cette vitesse de croissance. Il faudra 2 semaines de confinement pour ralentir la progression de l’épidémie, donc on arrivera peut-être à 400 000 rapidement (trop rapidement, c’est le problème).Continuer la lecture →

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Coronavirus, que faire ?

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Le tableau de Pierre Brueghel l’ancien (~1525-1569), intitulé Le triomphe de la mort (1562), est une allégorie de la mort qui illustre bien la terreur qu’elle pouvait (ou peut) inspirer. Elle semble dire que personne n’échappe à la mort. Pas le peuple, encerclé par des hordes de squelettes, pas les amoureux, ni même les cardinaux ou les rois. Certains historiens pensent que les grandes pandémies ne sont pas pour rien dans cette terreur. Il y eu, parmi bien d’autres, la grande peste médiévale appelée peste noire. Elle a tué la proportion, à peine imaginable, de 30 à 50 % des Européens en cinq ans (1347-1352). Plus près de nous, qui se souvient de la “grippe de Hong-Kong” de 1968, beaucoup moins meurtrière bien sûr, mais qui a tué 30 000 personnes en France ? Sans parler du sida. Sous peine de lasser, on ne peut pas énumérer toutes les pandémies auxquelles a eu à faire face l’humanité, même en se restreignant à l’époque moderne.Continuer la lecture →

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Nouvelle année, bugs corrigés

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Administrer un blog peut être parfois un peu pénible. Je viens seulement de remarquer que, depuis mes déboires informatiques de juillet dernier, les tâches suivantes du blog n’ont pas fonctionné du tout entre juillet 2019 et janvier 2020 :

  • Formulaire de contact : Les messages ne m’ont jamais été envoyés et ont été perdus. Je n’ai donc pas pu vous répondre et vous prie de m’excuser.
  • Abonnement à la NewsLetter : Si vous, ou des connaissances, vous êtes abonnés pendant cette période, les abonnements n’ont pas été pris en compte, il vous faudra recommencer.
  • Abonnement aux nouveaux commentaires (en bas des articles) et aux nouveaux articles (panneau de droite) : Les inscriptions aux abonnements ont bien été faites mais il est fort possible que vous n’ayez reçu aucune notification de nouveau commentaire ou de nouvel article.

Après moult efforts pour débugguer la chose, tout cela semble rentré dans l’ordre (et même si, comme la dernière fois, je ne sais pas très bien d’où venait le problème).

Merci de me signaler tout autre problème pouvant survenir.Continuer la lecture →

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Reporting décembre 2019

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Pour la fin de l’année, je vous propose une imagerie liée à l’actualité, celle des manifestations contre la réforme des retraites. Les révoltes ont toujours été liées aux slogans et au graphisme. Ci-contre, un graffiti végétal : de la mousse du jardin, fixée à la colle bio à base de farine. Cela fait toujours son petit effet auprès des passants. Juste après, on franchit un palier dans la colère. Entre certains citoyens et la police, la confiance républicaine est rompue. C’est vrai bien sûr des black blocs, mais aussi de citoyens plus standards choqués par les violences non sanctionnées. On le verra notamment dans ce long débat. Pour des documents plus courts, on pourra commencer par cet excellent décryptage du Monde, puis cette enquête sur l’agression menée par la BAC de Bordeaux. Même les organisations internationales de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé les violences policières.

Nouvelles du portefeuille et des sociétésContinuer la lecture →

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Esso, au tapis

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Cela fait un certain temps que je suis la dégringolade de ce titre car à 60 € il était déjà bien en dessous de ses fonds propres. Mais je n’en avais pas acheté car je sais bien que certains actifs nets ne valent pas forcément grand-chose. Aujourd’hui, l’idée est différente puisque la société cote sous son cash net, c’est-à-dire de sa trésorerie minorée des dettes financières. On a en effet après le 3e trimestre 2019 :

  • Cours de référence = 22,2 €/action
  • Nombre d’actions N = 12,8 M
  • Capitalisation P = 285 M€
  • Cash net = 438 M€.

Le BFR est certainement positif puisqu’il était de 800 M€ fin 2018. Nous avons donc affaire à une EV < 0. Comment est-on passé de -88 à +438 M€ de cash net en un trimestre ? Mystère, qu’il serait mieux de résoudre mais la communication financière ne le précise pas : on ne peut pas dire que le respect des minoritaires soient la priorité de Esso. Faute de réponse, mon investissement est aujourd’hui purement automatique : les EV < 0 sur-performent le marché. Et j’en ai pris une petite portion, 3 % de mon portefeuille.Continuer la lecture →

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Reporting octobre-novembre 2019

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La photo de ce mois est encore un clin d’oeil à  la célèbrissime photo de 1932, “Lunch atop a skyscraper”, des ouvriers sur un gratte-ciel en construction. Cette fois, ce sont des grimpeurs au sommet du Monolithe de Sardières, à Aussois (73). Un de mes prochain objectif de “balade” quand le printemps sera revenu.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

  • DNXCorp. La société a annoncé en octobre vouloir procéder à un rachat d’action. J’en ai profité pour les vendre sur le marché. PV = +33 % en 3 mois.
  • Akwel. J’en avais déjà acheté assez le mois dernier, puis j’avais oublié d’enlever un ordre épuisette qui a fini par être exécuté. Alors j’ai revendu ce surplus après une petite remontée du titre. Aller-retour à +8 % en quelques semaines. Suite aux bons résultats du 3e trimestre, le titre a continué à monter. Les analystes sont tous enthousiastes : Boursier.com vise 30 €, IDMidcaps 23 € mais avec des ratios “très conservateurs” (EV/EBIT = 5,5 dans un secteur à 8,2). Nous en sommes à +20 % depuis mon achat il y a deux mois.
  • Cogra. Fabricant de granules bois et de poêles à granules. Grosse croissance dans un marché très porteur. 3 % du portefeuille. Revendu 1 semaine plus tard avec une PV de +10 %. Je n’étais pas très à l’aise pour garder cette action plus loin.
  • BD Multimédia. Nouvelle ligne avec un beau potentiel. Achat entre 2,5 et 2,64 € pour 3 % du portefeuille. Publication d’un article.
  • Media 6. Une vieille connaissance. Achat à 10 € pour 3 % du portefeuille. On est à un EV/EBITDA = 2, c’est massacré.
  • Esso. Cela fait un bout de temps que je la surveille avec une grande patience. Le cours a été divisé par 3 en 2 ans. La dernière publication indique que le cash net est de deux fois le cours de bourse (tempérons : ce cash varie beaucoup au cours du temps…). J’achète donc cette EV>0 dans une optique deep value, pour 3 % du portefeuille. Un petit article paraitra bientôt.
  • L’affaire boursière médiatique du moment a été l’introduction en bourse de la Française des jeux. En terme d’investissement, la chose ne m’intéresse guère, car je doute que l’on puisse faire une affaire avec une introduction médiatique. Si cela vous intéresse, Phil en a fait une belle analyse sur son blog Culture Financière. Il corrobore mon intuition. D’un point de vue du citoyen, je trouve que c’est un étrange deal de vendre une société qui rapporte plusieurs % par an, quand on peut emprunter à 0 %. Personnellement, si je devais gérer l’argent des autres, je ferais l’inverse.

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BD Multimedia, retour en grâce

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BD Multimedia (ALBDM, ou BDM) est une fintech dans le domaine du paiement. C’est une nano-cap peu liquide cotée sur Alternext. Elle a été fondée en 1986 par Daniel Dorra qui en est le PDG. Jim, le fils, s’occupe du micro paiement.

Au printemps 2019, l’action cotait 1 € et un ami m’a alerté : les comptes 2018 commençaient à montrer un redressement notable et le prix semblait très faible. Mais nous n’avons pas donné suite. Ces derniers jours nous avons tenté de comprendre pourquoi. Nous étions focalisés sur TXCOM, pour laquelle je dégageais le maximum de liquidités ; BDM venait juste de revenir à des comptes dans le vert, nous n’avions pas encore d’indication que cela pouvait continuer.

En novembre 2019, les comptes du premier semestre ont établi un quasi doublement du CA et un triplement des différents résultats. La filiale Payment.net semble vraiment décoller. Le cours est passé à 2,5 € en quelques jours. Avec ces quelques jours de retard, nous avons analysé les comptes et nous sommes convaincus que l’action est bradée. Voyons cela.Continuer la lecture →

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Akwel, équipementier auto en croissance

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C’est le genre d’action sur lequel je m’aventure peu souvent. Une capitalisation de 450 M€, c’est déjà gros pour moi. Mais pourquoi pas, après tout. Si je peux avoir une action liquide, ce n’est pas de refus.

Akwel (ex MGI-Coutier) est une entreprise familiale (famille Coutier) qui a beaucoup cru ces dernières années. C’est un équipementier automobile diversifié (plastique, caoutchouc, métal) et doté d’une large expertise. Après une excellente année 2016, la société a connu une période de vaches maigres, avec des problématiques de prix sur les matières premières, de gros besoins d’investissement, etc. Elle a très bien résisté aux soubresauts encaissés par l’industrie automobile depuis fin 2018, et semble maintenant revenue à une période de croissance de profit et de FCF positifs. Le management anticipe une augmentation du CA (+4 %/+6 %) et des marges (ROC ⩾ 8 %). Par ailleurs, la société dispose d’un service de R&D performant qui pourrait lui permettre de gagner de belles parts de marché.Continuer la lecture →

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