14

Reporting juillet-août 2018

by

Pour ceux qui s'intéressent à la vie politique du pays et à l'écologie, l'interview et la démission en direct de  Nicolas Hulot  a été un moment fort. On a découvert en effet un Nicolas Hulot à l'opposé des hommes politiques usuels. Ces hommes politiques qui sont prêts à défendre un collègue indéfendable pour la seule raison qu'il appartient à la même caste que la leur, et à taper sur un autre pour la seule raison qu'il est dans la caste ennemie ; des hommes que la vérité n'intéresse guère, leur seul souci étant de réussir la rhétorique dans laquelle ils sont enfermés. Nicolas Hulot donc, a fait tout le contraire, en allant chercher au fond de lui sa vérité, et en nous expliquant très bien pourquoi faire avancer l'écologie politique était difficile. Son interview a impressionné tous ceux que j'ai rencontrés. Si l'idée de faire de la politique autrement vous intéresse, je vous conseille de la regarder (ici sur France Inter, par Nicolas Demorand et Léa Salamé, 40 min). Vous pourrez la compléter par le billet de Nicole Ferroni.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Peu de mouvements cet été.

  • Air France. Dans la stratégie event-driven investing, j'avais tenté l'achat de quelques options (voir reporting mai-juin). Je les ai revendues mi-août avec une PV = +112 % en 3 mois. Au départ, l’idée était de faire un plus gros multiple, mais je préfère un "tiens" que deux "tu l’auras" en matière d’option (échéance décembre 2018). C'était une ligne très petite de mon portefeuille.
  • Passat. Vente d'un tiers de la ligne avec une MV de quelques % pour faire un peu de cash.
  • Thalassa. Les rachats d'actions propres continuent.  De plus, Thalassa va très probablement recevoir 6 M$ sur les 10 M$ potentiels supplémentaires de la vente de WGP, du fait de la signature de contrats par cette ex-filiare. Le management est confiant dans le fait que les 4 M$ restants soient également gagnés un jour. Enfin, le service des taxes norvégien a donné une suite positive à l'appel formulé par THAL. Toute la décision n'est pas connue mais cela pourrait porter sur 700 000 $, écrits au passif du bilan actuellement.
  • ProdwareCA du premier semestre : hausse de 3,2 % du chiffre d’affaires, à 90 M€. Forte dynamique à l’international : + 30,1 %. Accélération des ventes récurrentes (SaaS) : + 25,7 %. Depuis, le cours baisse...
  • Cofidur. Les dirigeants et actionnaires principaux vendent de concert leurs actions sur le marché. On ne sait pas quelles sont leurs raisons.
  • Ymagis. Rachat d’actions par la société, mais pour un montant ridicule sur ce 1er mois (juillet) : 2400 €. Il serait temps de passer à la vitesse supérieure !
  • Biolitec a refait son site web, ce n'était pas inutile.

▣ Performance et gains

Le PEA perd environ 4 % cet été et pointe à +3,94 % depuis le début de l’année. Toujours sur 2018, le portefeuille Lynx est à +6,73 %, le CTO Binck  à +0,32 % et la performance du portefeuille total est de +3,71 %.

▣ Nouvelles du blog et autres

Sur le blog, j'ai publié deux articles : une analyse très rapide de la société Biosynex, et un compte-rendu, par Phil SRV, sur le livre la stratégie du propriétaire.

Le dessin satirique en tête d'article est extrait du Canard du 29 août. En réponse, sur la même page du journal, figurait celui ci-contre, à propos du respect des règles de l'urbanisme par notre ministre de la culture. Pour une vision acerbe (ou réaliste) sur les politiques, et en écho aux vidéos sur Hulot, vous pourrez terminer par trois anciennes chroniques : celle de Guillaume Meurice sur les députés et sur Fillon, et celle de Pierre-Emmanuelle Barré sur les deputes (sans accents et réservée aux adultes).

Je vous souhaite une bonne rentrée.

JL - 2 septembre 2018.

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

0

La stratégie du propriétaire

by

C'est toujours un plaisir d'accueillir un invité sur ce blog. Phil (alias SRV) et moi nous sommes connus lors d'une enrichissante rencontre d'investisseurs. Lorsque j'ai lu son intéressant commentaire sur le livre présenté ici, je lui ai immédiatement proposé d'en faire un résumé. Merci à lui d'avoir gentiment accepté.

La stratégie du propriétaire, de Alain Bloch, Nicolas Kachaner, Sophie Mignon. 192 pages. Livre épuisé mais disponible d'occasion.

Cet ouvrage de 2012 mène l’enquête sur les caractéristiques des sociétés performantes dirigées par des familles.

L’échantillon se compose de sociétés de plus d’un milliard d’euros de chiffre d'affaire dont le siège est en France, en Espagne ou au Portugal. Une cinquantaine de sociétés de tous les secteurs sont ainsi analysées en épluchant les rapports annuels, les interviews et déclarations des dirigeants.

Certes, statistiquement, 50 entreprises c’est très peu. Cela pose donc question sur la représentativité des conclusions proposées.

Pour autant, la démarche est intéressante et l’ensemble des caractéristiques trouvées sont détaillées, expliquées, et comparées avec d’autres entreprises au management non familial.

Les périodes étudiées sont elles aussi intéressantes : les expansions économiques de 1997 à 2000, 2003 à 2007 ou les crises de 2000 à 2003, 2008 à 2009.

Je tente un sommaire résumé mais le livre est à lire, pour se forger une culture d’entreprise qui performe dans la durée !

▣ Chapitre 1 : frugalité, ambidextrie, fiabilité

La fiabilité et la frugalité : ces deux thèmes vont ensemble. C’est une gestion prudente et frugale qui permet de surmonter les périodes difficiles (crise de 2008 par exemple). C’est ainsi que les boites familiales ont un taux d’endettement plus faible, plus raisonnable que les autres. Ce type de management place prioritairement la pérennité de la boite devant la performance court-terme. C’est donc la vision long terme qui est ici de mise, offrant une résilience plus forte.

Plusieurs ratios sont détaillées pour le montrer (ROE, gearing, dividend pay-out etc …).

Le positionnement stratégique : il est ici sur les ressources exploitées et non sur la position concurrentielle. L’idée est que ce sont des ressources bien exploitées qui amènent à une position concurrentielle forte.

L’innovation : elle se veut volontairement prudente, d’où cette notion d’ambidextrie (notion qui sera détaillée plus loin)

Je retiens 4 traceurs type pour ces sociétés familiales :

  • Un objectif long terme qu’est la pérennité,
  • Une construction d’une communauté humaine soudée,
  • Une qualité des connexions sur le monde extérieur,
  • Un commandement spécifique, affectif et rapide.

▣ Chapitre 2 : des entreprises qui défient la crise

Chiffres à l’appui, en périodes de crise, la résilience est plus forte dans ces boites là, que ce soit en France, Espagne ou au Portugal !

Pour assurer leur pérennité (je le rappelle c’est la valeur première ici), elles privilégient la croissance organique à la croissance externe, elles s’endettent moins, ont des investissements plus élevés, et quand arrive la crise, la frugalité toujours appliquée (même en période d’expansion) permet de faire le dos rond.

▣ Chapitre 3 : des facteurs humains très spécifiques

Un recrutement spécifique : les motivations recherchées d’un candidat à un poste sont moins conditionnées par l’ambition que par l’envie de prendre une place. Les qualités recherchées s’orientent plutôt vers la modestie alliée à un sens du collectif.

Ce sens du collectif amène une stabilité des équipes qui s’exprime par des turnovers plus faibles qu’ailleurs.

La rémunération : elle est plus faible ici mais en période de crise elle est mieux garantie.

Valeurs fortes et implication émotionnelle du management : le lien affectif avec l’entreprise est fort ; il y a un respect du fondateur et une volonté de transmettre quelque chose.

Ces valeurs se forment avec l’histoire de l’entreprise, d’où cette notion de temps qui est un bel actif.

Ambidextrie : ce thème est l’un des plus complexes à comprendre. On y apprend que les entreprises qui arrivent simultanément à mener les activités habituelles avec de nouvelles opportunités ont un avantage concurrentiel par rapport à celles qui ne parviennent à faire qu’une seule chose.

L’ambidextrie repose sur des organisations « hautement fiables ». Ces organisations ont 5 caractéristiques spécifiques :

  • L’obsession de prévenir la défaillance, d’où des anticipations permanentes de pannes éventuelles.
  • Une méfiance vis-à-vis de la simplification des choses, le diable étant dans le détail. Il faut rester réaliste, ancré dans le réel pas dans les modèles.
  • Une volonté d’avoir une exécution sans faille des décisions. Là encore le commandement rapide et sans faille est recherché pour pouvoir rapidement adapter l’entreprise à un changement brutal (type crise).
  • Une volonté de survie ; la pérennité encore et toujours !
  • Une accumulation accrue d’expériences. Ceci est un des meilleurs atouts contre les imprévus ; d’où la volonté de stabiliser les équipes pour en tirer cette force.

▣ Chapitre 4 : Face à la crise

Pour rappel, frugalité + fiabilité = on est plus résilient et on dure longtemps ! En ce qui concerne la frugalité, divers ratios démontrent sa mise en œuvre (encore les gearings, pay out, etc). Et pour la fiabilité, les auteurs expliquent que l’obtention d’une organisation fiable passe par un cheminement mental collectif plus élaboré que celui d’une efficacité et d’une performance seule. Par exemple, une comparaison est faite avec les organisations opérationnelles sur des porte-avions ou dans les centrales nucléaires.

Les 5 caractéristiques des organisations « hautement fiables » du chapitre 3 sont détaillées.

Pour le critère « L’obsession de la défaillance » : la probabilité d’une défaillance dans l’organisation est fortement réduite par des systèmes redondants. Or ceux-ci ont un coût, qui peut paraître superflus pour les organisations à but uniquement marchand. On en revient à l’ambidextrie.

Pour le critère « une méfiance vis-à-vis de la simplification des choses » : le but est de coller à la réalité qui reste complexe. Mais ce type d’approche ne peut pas être appliqué sans discernement sous peine d’être très coûteux. Ambidextrie encore.

Et pour les trois derniers critères « une volonté d’avoir une exécution sans faille », « une volonté de survie » , « une accumulation d’expériences » : là aussi les répétitions nécessaires pour être rapide, précis et sans faille, ou la fidélisation des équipes ou la volonté de survie, tout cela peut générer des coûts potentiellement jugés superflus. Toujours l’ambidextrie.

L’ambidextrie s’exprime donc ainsi : comment intégrer ces 5 critères nécessaires à une organisation fiable tout en restant économiquement compétitif.

L’équilibre permanent est recherché et ce sont les managers qui la portent.

▣ Chapitre 5 : Innovation 

Innovation oui, mais prudente (ambidextrie, quand tu nous tiens !).

La vision long terme permet d’être moins dépendant de l’environnement et de lancer des nouvelles technologies ou de nouvelles activités.

Mais il convient de rester prudent, frugal. Par exemple l’épopée de M Bouygues et des licences 3G est évoquée. Ces licences ont été étudiées puis refusées en 2000 car jugées trop chères. Et en 2002 Bouygues a pu en acheter bien moins chères, la bulle ayant éclaté. Actuellement Bouygues Télécom est bien un acteur téléphonique de premier plan.

Différents ratios montrent que les entreprises familiales financièrement moins fournies que leurs gros concurrents, portent quand même l’innovation à de bons niveaux (ratios R&D/CA pour les Servier, Mérieux, Fabre , Dassault Systèmes et Aviation face aux ténors Sanofi, Thales ou Safran)

Ce livre place les entreprises familiales sur un plan médian entre une aversion forte aux risques empêchant le processus d’innovation, et une créativité plus libérée de part des organisations plus souples et réactives.

Les cas d’Hermès et de JC Decaux sont aussi détaillés.

▣ Chapitre 6 : Internationalisation ambitieuse

Le livre reprend les fondamentaux évoqués dans les chapitres précédents pour expliquer le développement des groupes Ricard, Bolloré, Soufflet, Burel etc.

▣ Chapitre 7 : Diversification 

C’est lorsque que le métier premier de l’entreprise est menacé que la diversification est lancée (Bouygues, PPR , Bolloré, Dassault, sont expliquées en exemple), c’est donc un choix contraint. C’est dans une logique de pérennité que ce processus s’enclenche.

▣ Chapitre 8 : Acquisitions, « oui mais » 

A travers ce thème, les auteurs détaillent la logique de la frugalité, pérennité, culture d’entreprise, appliquée aux acquisitions. C’est ainsi qu’un biais apparaît pour des acquisitions à contre cycle, à dimensions plus internationales, avec une méfiance avérée pour l’endettement.

▣ Chapitre 9 : Pas seulement réservé aux entreprises familiales 

Les auteurs rappellent les principaux traceurs des entreprises familiales performantes et indiquent que ce type de management est aussi appliqué dans d’autres société non familiales. Nestlé et Essilor sont alors décortiquées.

Quelques phrases types (phrases que j’entends en AG parfois)

  • « Les survivants sont tous des innovants » (J Burelle)
  • « Le passage de 30 mille à 3.5 millions de collectes est lié à nos offres innovantes envers les agriculteurs » (JM Soufflet)
  • « Le temps est un actif que certaines boites n’ont pas » (G Degonse, de Decaux)
  • « Ce n’est pas avoir un jet qui me rendra plus heureux, on passe notre temps dans l’entreprise par amour des gens avec qui on travaille » (JM Soufflet)
  • « L’argent le plus facilement gagné est celui que l’on n’a pas dépensé » (JM Soufflet)
  • « Le radinisme industriel » (G Mulliez)
  • « Audacieux mais prudent, axé vers le profit mais généreux, dur au travail mais social, international avec des racines fortes » (V. Bolloré)
  • « Nous, on gagne peut être moins de sous mais on construit quelque chose de cohérent et de pérenne » (JM Soufflet)
  • « Une entreprise familiale joue sur le long terme, la différence avec nos concurrents se joue dans la durée » (P. Ricard)
  • « On s’interdit de dépenser plus que ce que l’on gagne » (V Bolloré)
  • « Le respect des produits, des clients, et des hommes » (P Ricard)
  • « Je n’arrive pas à désinvestir ….. c’est compréhensible quand on a tout construit soi même » (JM Soufflet)

Et il y en a beaucoup d’autres !

▣ Conclusion, mon avis

Ce livre possède un léger biais puisque seulement une cinquantaine de sociétés est étudiée. La portée des conclusions s’en trouve donc restreinte et il serait dangereux de considérer que l’ensemble des sociétés familiales est mieux géré sur le long terme que celui des autres sociétés.

Mais on y apprend des choses passionnantes !

Il existe des dénominateurs communs à toutes ces sociétés familiales bien gérées.

J’ai particulièrement aimé les thématiques maintes fois décortiquées autour de la pérennité, de la frugalité et des organisations. L’ambidextrie reste pour moi la capacité déterminante entre les bons managers et les moins bons (voire les mauvais).

Livre à lire pour tous ceux qui, comme moi, croient au management qui influence ce monde.

Phil, alias SRV - 24 août 2018.

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

1

Biosynex, petit parfum de conflit d'intérêts

by

Il y a deux semaines (le 7 juillet), notre journal préféré à tous, Investir, a choisi comme Valeur à découvrir de la semaine, la société Biosynex. Il s'agit d'une biotech dans le domaine des tests de diagnostic médical rapide : test de prédiction d'accouchement imminent, test d’intolérance au gluten, lecteur automatisé de tests, etc. Si vous avez manqué la nouvelle, Biosynex vient de sortir l'auto-test du HIV, peut-être une petite révolution pour les usagers. Or, il se trouve que j'avais regardé cette société la semaine précédente, parce que le PDG venait de racheter 0,5 % du capital (300 k€). Je me suis donc dit que c'était l'occasion d'en parler. Je commence par vous copier l'article d'Investir puis je donne quelques éléments que j'avais notés.

▣ Achats des dirigeants

J'ai commencé par compiler les déclarations d'achat par les dirigeants faites à l'AMF depuis le 4 octobre 2017 (la précédente déclaration date de 2015). En plus de la dernière transaction mentionnée plus haut, les voici en détail :

  • Thierry Paper (DG et fondateur) 6 juin 2018, 2,9 € x 13 000 actions.
  • Thomas Lamy (DG et fondateur, via sa société AJT)  6 juin  2018 : 2,9 € x 30 000 ; 1 décembre 2017 : 23 x 20 000.
  • Biosynex 6 juin 2018 (action propres) : 2,9 x 51 500.
  • Larry Labensur (PDG et fondateur) 6 juin 2018 (via ALA Financiere) : 2,9 x 102 500, 22 janvier 2018 : 3 x 3 333, 15 janvier 2018 : 3 x 30 000, 15 janvier 2018 (via ALA) : 3,75 x 500, 30 novembre 2017 : 3,65 x 1000 + 3,64 x 4000 + 3,6 x 1000, 5, 7,12 septembre 2017 : 3,85 x 1000 + 3 x 66 667 + 3,81 x 500, 11, 16, 18 et 31 aout 2017 : 3,74 x 500 +  3,738 x 1000 + 3,73 x 1000 + 3,78 x 50025 juillet 2017 (via ALA) : 3,8 x 36 319, 11 juillet 2017 : 3,8 x 294, 31 décembre 2016 (via ALA) : 2,78 x 428 275.

Il faut comparer ces nombreux achats aux rémunérations des dirigeants. D'après une source informelle que je ne n'ai pas pu contrôler, la rémunération annuelle de Thierry Paper serait de 126 k€, et peut-être de 200/250 k€ pour Larry Abensur, hors attribution d'actions gratuites ou options. Ces achats sont donc a priori significatifs. Mais nous verrons plus loin que ce n'est pas leur seule source de revenus.

▣ Éléments comptables

  • Cours de référence = 3 €

Voici les éléments comptables qui m'ont paru les plus significatifs :

  • Capitalisation = 27,4 M€
  • Dette nette = 1,86 + 4,57 - 2,02 = 4,41 M€
  • EV = 31,8 M€
  • CA = 30,5 M€
  • EBITDA = 1,6 M€
  • Chiffre d'affaire multiplié par 15 en 4 ans.

L'EBITDA n'est pas encore extraordinaire, et il est attendu entre 2 et 3 M€ sur 2018. La société a un beau potentiel de croissance (tests HIV, développement à l'étranger, etc). Avec un EV/EBITDA = 10-15 et un EV/CA = 1, ce potentiel ne semble pas trop cher payé. Encore faut-il qu'il se réalise.

Ces deux dernières, la société a procédé à une grosse réorganisation de ses structures (fusions), à quelques acquisitions (d'où l'augmentation du CA....) et à trois augmentations de capital.

Conventions réglementées

Je n'ai pas lu que le rapport annuel. Pour une fois, j'ai lu celui des commissaires aux comptes, car il était un peu spécial. A vrai dire, le Rapport spécial du commissaire aux comptes sur les conventions réglementées m'a fait froid dans le dos. Une convention réglementée est une convention entre une société et une personne qui lui est liée. Ici, les conventions sont passées entre Biosynex et les dirigeants. On en découvre une dizaine dans le rapport. Il s'agit pour la plupart de contrats de location : les dirigeants louent de l'immobilier à la société. Le problème est que les montants ne sont pas modestes comparés à l'EBITDA ou au revenu net. On parle de plusieurs centaines de k€. Comment être sûr que ces locations ne sont pas à l'avantage des dirigeants, et donc au désavantage de la société ? Ce n'est pas la première fois que l'on voit ce type de convention. Mais creuser chacun des contrats pour examiner s'il ne désavantage pas la société me prendrait trop de temps.

▣ Dernières annonces

Aujourd'hui, la société a publié son chiffre d'affaire du 1er semestre 2018 : Biosynex a réalisé un CA de 16 M€, en hausse de 2,6 % par rapport au 1er semestre de l'exercice précédent. "Les importants investissements humains déployés depuis le début de l'année et le décalage des commandes à l'export conduisent Biosynex à anticiper des résultats semestriels en baisse" (communiqué complet ici).

▣ Conclusion.

Trop de conventions réglementées ; je n'aime pas du tout ce sentiment de pouvoir me faire avoir par les dirigeants. Je passe donc mon chemin, quitte à manquer une bonne occasion. Et quitte à revoir éventuellement la question si les dirigeants continuent d’acheter en grande quantité.

JL - 23 juillet 2018.

 

Mises à jour

Note d'analyste

Euroland vient de publier une note sur Biosynex : ici. Recommandation à l'achat avec un objectif de 3,9 €.

JL - 26 juillet 2018.

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

23

Reporting mai-juin 2018

by

Nous voilà à 6 ans de portefeuille. Ceux qui me suivent depuis quelque temps connaissent la conclusion temporaire de ces 6 années : en terme de performance, les compte-titres n'ont rien fait, alors que la valeur du PEA a été multipliée par quasiment 5 ! La conséquence est que je m'occupe de moins en moins de trouver des valeurs pour mes CTO. Dernièrement, j'y ai logé des titres que j'ai aussi en PEA.

La participation à l'assemblée générale de Gaumont, avec les 900 k€ chacun de salaire de Sidonie Dumas et Nicolas Seydoux, m'a replongé dans des réflexions sur l'héritage (financier, social, culturel...). Une des idées qui m'est étrangère est d'attribuer sa position à son mérite et non à son héritage. Je connais beaucoup de personnes qui ont une position sociale ou financière enviable, et certains pensent être arrivés à ces postes prestigieux par leur mérite. Pour beaucoup, leur père exerçait le même métier. Le fils d'un moniteur de ski a t'il du mérite de savoir bien skier et de devenir moniteur de ski ? Cela pose la question de la définition du mérite. Tout cela m'a donné envie de lire Les Héritiers de Bourdieu et Passeron. Peut-être sur la plage cet été ?Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

7

Media 6, de la croissance pas très chère

by

Une fois n'est pas coutume, présentons une société en croissance. Media 6 est une société spécialisée dans le marketing et le mobilier de lieux de vente. La photo de l'article montre l'aménagement de la Brasserie du train bleu. Plus précisément, le chiffre d'affaire par activité se répartit ainsi :
- fabrication de supports de communication et de mobilier commercial (84,6 %) : vitrines, présentoirs, terminaux, stands, corners et meubles fabriqués en carton, en bois, en plastique et en métal,
- prestations de services (15,4 %) : réalisation de campagnes publicitaires sur les lieux de vente, mise en scène attractive des produits, animation des points de vente, agencement de mobilier commercial, etc.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

8

U10, nouveau suivi d'initié

by

U10 (ticker UDIS) est un créateur, fournisseur et logisticien dans l'univers de l'équipement de la maison : décoration textile, accessoires de la maison, accessoires de mode basé à Lyon. Leurs clients sont des distributeurs, pour lesquels ils conçoivent, fabriquent et transportent des lignes de produits tendance, "au juste prix", dont le but est de "démocratiser le haut de gamme" .

Le PDG et principal actionnaire, Thierry Lievre, détient, au 14 novembre 2017, 68 % du capital (11 727 092), par l’intermédiaire des  sociétés Financière des Docks et TLK qu’il contrôle.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

3

Softimat : les petits porteurs secouent le cocotier

by

Judith et la tête d'Holopherne, par Canavillo

Si beaucoup de directions d'entreprises sont raisonnables, certaines laissent penser qu'elles essayent de soutirer le maximum d'argent à leur société, que ce soit par un salaire élevé, par l'attribution d'actions en grand nombre... Les exagérations se font forcément au détriment des salariés et des actionnaires. C'est pourquoi, à la dernière assemblée générale, j'ai voté contre les salaires de la direction de Gaumont (Nicolas Seydoux et Sidonie Dumas, 900 k€ annuels chacun).

Et c'est pourquoi je relaie, à sa demande, l'appel d'un des membres des Daubasses aux actionnaires et à la direction de Softimat. Voici le début de l'appel :Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

9

Reporting mars-avril 2018

by

Si en bourse il y a des modes, actuellement elle est aux trackers (ETF). Ces instruments financiers s'achètent et se vendent comme des actions, et répliquent des indices. Des indices sur à peu près tout : des larges, mid ou small caps, le pétrole ou les technos, la France, l'Europe, ou les pays émergents. Sur tous les forums, je vois des internautes qui achètent des ETF et qui en débattent. On pourra lire par exemple le début de cette discussion sur l'IH. Je ne m'étendrai d'ailleurs pas trop sur le sujet, car il me suffit de mentionner le post de Vauban qui résume parfaitement ma pensée sur ce sujet.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

10

Sears Holdings news and views

by

Ces dernières années, Sears Holdings (SHLD), la holding US en déconfiture, connue pour ses chaînes de magasins,  a été l'objet de discussions fournies et acharnées de la forumosphère en investissement actions, aussi bien française (sur l'IH) qu'étrangère (sur Corner of Berkshire & Fairfax...) : est-ce une opportunité value fantastique ou un monstre en train de mourir ? J'ai moi-même écrit des articles sur Sears ici et , mais comme objet d'arbitrages.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

8

La stratégie deep value

by

holbein_anamorphose

La stratégie deep value est la plus simple que l'on puisse trouver. C'est pour cela qu'elle est une de mes préférées. Surtout qu'elle est aussi une des plus efficaces.

C'est très simple : elle consiste à acheter une entreprise beaucoup moins cher que la valeur de son patrimoine.

Comme pour l'anamorphose du tableau de Holbein, elle demande de regarder l'entreprise sous un regard différent de celui du marché, non pas celui des bénéfices mais celui du patrimoine.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

15

Reporting janvier-février 2018

by

Ah ! La fête des Lumières de Lyon, pas la peine de la décrire, tout le monde en a entendu parler... Mais cette année un nouveau cran a été franchi dans l'engouement sécuritaire : les vélos ont été interdits dans tout le périmètre de la fête ! J'ai eu beau expliquer que j'habitais "dans l'immeuble qu'on voit juste là, derrière la barrière", il n'y a pas eu moyen de passer. Même les gendarmes mobiles présents au barrage étaient consternés par cette décision, c'est dire.

Le besoin de sécurité est partout. Dans la rue, à l'école, en montagne, au travail. Est-ce si étonnant que les placements préférés des Français soient les placements sans risque ? Mieux, l'irrationnel s'en mêle. Même si notre enfant a 1000 fois plus de chance de mourir à cause de la cigarette (certes pas quand il est enfant) que d'un attentat (oui, 1000 fois !), la plupart des parents ont plus peur de l'attentat que de la cigarette. C'est la même chose avec la bourse : beaucoup de comportements sont liés soit à des méconnaissances, soit à de l'irrationnel, et dans ce cas-là, il ne sert pas à grand-chose d'essayer de convaincre. Idem pour l'investissement value, soit on y adhère tout de suite, soit on ne le comprend jamais, dit-on.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

18

Ymagis, pour finir le tour du cinéma

by

La présentation officielle nous indique que Ymagis Groupe est spécialisé dans les technologies numériques pour l'industrie du cinéma. Le groupe offre des solutions, dans ce qui concerne le numérique, aux exploitants cinématographiques, aux distributeurs de films et d'évènements live, aux producteurs, aux ayants droit, aux régies publicitaires spécialisées, aux diffuseurs, aux éditeurs vidéo et aux plateformes VOD/SVOD. Le groupe est présent dans 23 pays. Le CA par activité se répartit comme suit :

  • Virtual Print Free (VPF) (39 % ; Ymagis) : solutions de financement ;
  • Exhibitor Services (34 % ; CinemaNext) : activités de services aux exploitants cinématographiques (vente et installation d'équipements, développement de solutions logicielles, prestations de support technique/NOC et de conseil) ;
  • Content Services (27 % ; Eclair) : activités de services de contenus (post-production, acheminement cinémas, distribution numérique, multilingue et accessibilité, restauration et préservation).

Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

23

Reporting novembre-décembre 2017

by

Pour une fois c'est une oeuvre vue en galerie que je vous présente, la Galerie des apparences à Annecy qui, en plus de quelques magnifiques tableaux, expose des sculptures en noyer qui m'ont interpelé. Ici, deux de ces oeuvres de Enrico Challier, italien né en 1974. Celle de droite, de loin ma préférée, fait 122 cm de haut.

J'ai envie de dire qu'elle est aussi belle que la performance de mon PEA cette année (+65 %). Qu'ai-je fait de particulier en 2017 pour en arriver à un gain si élevé ? Rien ! En tout cas rien de différent des autres années. Simplement, la chance m'a particulièrement sourit cette année, ou alors elle ne m'a pas sourit les autres années. Il faut dire que les small caps ont globalement bien performé en 2017 avec +21 % pour l'indice parisien. Mais mon style d'investissement n'a pas changé. On pourrait croire que la fantastique montée de Xilam y est pour beaucoup, mais elle ne compte "que" pour environ 15 points. Gaumont compte pour environ la même augmentation. Il est donc tout aussi rentable de faire une "petite" performance (+66 % pour Gaumont depuis juin) sur une valeur en laquelle on est très sûr et donc on place beaucoup, que sur une valeur qui a une énorme performance (+450 % pour Xilam en 2017) mais sur laquelle on avait peu misé. C'est presque une évidence mais rien ne remplace l'expérience.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

25

Technicolor, dans le creux de la vague ?

by

Je ne sais plus très bien comment j'ai découvert Technicolor. Peut-être lors de mes recherches sur Xilam et Gaumont (ou peut-être même sur Prodware). Technicolor est en effet une société dans le secteur du cinéma au sens large, qui possède plusieurs activités technologiques différentes (brevets sur le son et l'image, effets spéciaux, animation, postproduction, traitements de films, fabrication de DVD et Blu-ray). TCH était revenu à mes oreilles en novembre 2016, sur la bande FM, pas le biais de Emeric Préaubert, gérant fondateur de la société Sycomore AM. Puis j'ai été intrigué par les gros free cash flows (FCF) dégagés les années précédentes, mais aussi par la présence de ce titre dans le fonds MME de Moneta AM (rapport de juin 2017). Enfin, en septembre 2017, je l'ai vu chez Pleaide AM, dans leur fonds PAM select. Pour terminer l'inventaire, signalons aussi les articles du journal Investir des 4 mars et 19 août 2017.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

16

Passat, net-net rentable

by


Passat est une petite entreprise  française fondée en 1985 et détenue à plus de 50 % par la famille Broszio. Ils vendent essentiellement des produits pour la maison : bricolage, jardinage, entretien, et aussi pour la beauté et l'hygiène, le tout en faisant de la vente assistée par l'image (animations vidéos dans les espaces de vente, ils sont leaders dans le domaine). Leur produit phare est la bûche de ramonage. Une activité vraiment pas sexy, mais cela ne soit pas nous effrayer. Par contre l'activité et les marges sont en déclin depuis 7-8 ans. C'est bien sûr plus inquiétant, mais il faut bien une raison pour que l'on puisse acheter à petit prix un bon bilan assorti d'une rentabilité positive (même modeste).

Cours de l'action au moment de l'analyse = 5,8 €.

Voyons donc le bilan et les profits.Continuer la lecture →

Print Friendly, PDF & Email

petrus_favicon_lpl_couleur_rogne

1 2 3 4 5 7 8