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La stratégie du propriétaire

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C'est toujours un plaisir d'accueillir un invité sur ce blog. Phil (alias SRV) et moi nous sommes connus lors d'une enrichissante rencontre d'investisseurs. Lorsque j'ai lu son intéressant commentaire sur le livre présenté ici, je lui ai immédiatement proposé d'en faire un résumé. Merci à lui d'avoir gentiment accepté.

La stratégie du propriétaire, de Alain Bloch, Nicolas Kachaner, Sophie Mignon. 192 pages. Livre épuisé mais disponible d'occasion.

Cet ouvrage de 2012 mène l’enquête sur les caractéristiques des sociétés performantes dirigées par des familles.

L’échantillon se compose de sociétés de plus d’un milliard d’euros de chiffre d'affaire dont le siège est en France, en Espagne ou au Portugal. Une cinquantaine de sociétés de tous les secteurs sont ainsi analysées en épluchant les rapports annuels, les interviews et déclarations des dirigeants.

Certes, statistiquement, 50 entreprises c’est très peu. Cela pose donc question sur la représentativité des conclusions proposées.

Pour autant, la démarche est intéressante et l’ensemble des caractéristiques trouvées sont détaillées, expliquées, et comparées avec d’autres entreprises au management non familial.

Les périodes étudiées sont elles aussi intéressantes : les expansions économiques de 1997 à 2000, 2003 à 2007 ou les crises de 2000 à 2003, 2008 à 2009.

Je tente un sommaire résumé mais le livre est à lire, pour se forger une culture d’entreprise qui performe dans la durée !

▣ Chapitre 1 : frugalité, ambidextrie, fiabilité

La fiabilité et la frugalité : ces deux thèmes vont ensemble. C’est une gestion prudente et frugale qui permet de surmonter les périodes difficiles (crise de 2008 par exemple). C’est ainsi que les boites familiales ont un taux d’endettement plus faible, plus raisonnable que les autres. Ce type de management place prioritairement la pérennité de la boite devant la performance court-terme. C’est donc la vision long terme qui est ici de mise, offrant une résilience plus forte.

Plusieurs ratios sont détaillées pour le montrer (ROE, gearing, dividend pay-out etc …).

Le positionnement stratégique : il est ici sur les ressources exploitées et non sur la position concurrentielle. L’idée est que ce sont des ressources bien exploitées qui amènent à une position concurrentielle forte.

L’innovation : elle se veut volontairement prudente, d’où cette notion d’ambidextrie (notion qui sera détaillée plus loin)

Je retiens 4 traceurs type pour ces sociétés familiales :

  • Un objectif long terme qu’est la pérennité,
  • Une construction d’une communauté humaine soudée,
  • Une qualité des connexions sur le monde extérieur,
  • Un commandement spécifique, affectif et rapide.

▣ Chapitre 2 : des entreprises qui défient la crise

Chiffres à l’appui, en périodes de crise, la résilience est plus forte dans ces boites là, que ce soit en France, Espagne ou au Portugal !

Pour assurer leur pérennité (je le rappelle c’est la valeur première ici), elles privilégient la croissance organique à la croissance externe, elles s’endettent moins, ont des investissements plus élevés, et quand arrive la crise, la frugalité toujours appliquée (même en période d’expansion) permet de faire le dos rond.

▣ Chapitre 3 : des facteurs humains très spécifiques

Un recrutement spécifique : les motivations recherchées d’un candidat à un poste sont moins conditionnées par l’ambition que par l’envie de prendre une place. Les qualités recherchées s’orientent plutôt vers la modestie alliée à un sens du collectif.

Ce sens du collectif amène une stabilité des équipes qui s’exprime par des turnovers plus faibles qu’ailleurs.

La rémunération : elle est plus faible ici mais en période de crise elle est mieux garantie.

Valeurs fortes et implication émotionnelle du management : le lien affectif avec l’entreprise est fort ; il y a un respect du fondateur et une volonté de transmettre quelque chose.

Ces valeurs se forment avec l’histoire de l’entreprise, d’où cette notion de temps qui est un bel actif.

Ambidextrie : ce thème est l’un des plus complexes à comprendre. On y apprend que les entreprises qui arrivent simultanément à mener les activités habituelles avec de nouvelles opportunités ont un avantage concurrentiel par rapport à celles qui ne parviennent à faire qu’une seule chose.

L’ambidextrie repose sur des organisations « hautement fiables ». Ces organisations ont 5 caractéristiques spécifiques :

  • L’obsession de prévenir la défaillance, d’où des anticipations permanentes de pannes éventuelles.
  • Une méfiance vis-à-vis de la simplification des choses, le diable étant dans le détail. Il faut rester réaliste, ancré dans le réel pas dans les modèles.
  • Une volonté d’avoir une exécution sans faille des décisions. Là encore le commandement rapide et sans faille est recherché pour pouvoir rapidement adapter l’entreprise à un changement brutal (type crise).
  • Une volonté de survie ; la pérennité encore et toujours !
  • Une accumulation accrue d’expériences. Ceci est un des meilleurs atouts contre les imprévus ; d’où la volonté de stabiliser les équipes pour en tirer cette force.

▣ Chapitre 4 : Face à la crise

Pour rappel, frugalité + fiabilité = on est plus résilient et on dure longtemps ! En ce qui concerne la frugalité, divers ratios démontrent sa mise en œuvre (encore les gearings, pay out, etc). Et pour la fiabilité, les auteurs expliquent que l’obtention d’une organisation fiable passe par un cheminement mental collectif plus élaboré que celui d’une efficacité et d’une performance seule. Par exemple, une comparaison est faite avec les organisations opérationnelles sur des porte-avions ou dans les centrales nucléaires.

Les 5 caractéristiques des organisations « hautement fiables » du chapitre 3 sont détaillées.

Pour le critère « L’obsession de la défaillance » : la probabilité d’une défaillance dans l’organisation est fortement réduite par des systèmes redondants. Or ceux-ci ont un coût, qui peut paraître superflus pour les organisations à but uniquement marchand. On en revient à l’ambidextrie.

Pour le critère « une méfiance vis-à-vis de la simplification des choses » : le but est de coller à la réalité qui reste complexe. Mais ce type d’approche ne peut pas être appliqué sans discernement sous peine d’être très coûteux. Ambidextrie encore.

Et pour les trois derniers critères « une volonté d’avoir une exécution sans faille », « une volonté de survie » , « une accumulation d’expériences » : là aussi les répétitions nécessaires pour être rapide, précis et sans faille, ou la fidélisation des équipes ou la volonté de survie, tout cela peut générer des coûts potentiellement jugés superflus. Toujours l’ambidextrie.

L’ambidextrie s’exprime donc ainsi : comment intégrer ces 5 critères nécessaires à une organisation fiable tout en restant économiquement compétitif.

L’équilibre permanent est recherché et ce sont les managers qui la portent.

▣ Chapitre 5 : Innovation 

Innovation oui, mais prudente (ambidextrie, quand tu nous tiens !).

La vision long terme permet d’être moins dépendant de l’environnement et de lancer des nouvelles technologies ou de nouvelles activités.

Mais il convient de rester prudent, frugal. Par exemple l’épopée de M Bouygues et des licences 3G est évoquée. Ces licences ont été étudiées puis refusées en 2000 car jugées trop chères. Et en 2002 Bouygues a pu en acheter bien moins chères, la bulle ayant éclaté. Actuellement Bouygues Télécom est bien un acteur téléphonique de premier plan.

Différents ratios montrent que les entreprises familiales financièrement moins fournies que leurs gros concurrents, portent quand même l’innovation à de bons niveaux (ratios R&D/CA pour les Servier, Mérieux, Fabre , Dassault Systèmes et Aviation face aux ténors Sanofi, Thales ou Safran)

Ce livre place les entreprises familiales sur un plan médian entre une aversion forte aux risques empêchant le processus d’innovation, et une créativité plus libérée de part des organisations plus souples et réactives.

Les cas d’Hermès et de JC Decaux sont aussi détaillés.

▣ Chapitre 6 : Internationalisation ambitieuse

Le livre reprend les fondamentaux évoqués dans les chapitres précédents pour expliquer le développement des groupes Ricard, Bolloré, Soufflet, Burel etc.

▣ Chapitre 7 : Diversification 

C’est lorsque que le métier premier de l’entreprise est menacé que la diversification est lancée (Bouygues, PPR , Bolloré, Dassault, sont expliquées en exemple), c’est donc un choix contraint. C’est dans une logique de pérennité que ce processus s’enclenche.

▣ Chapitre 8 : Acquisitions, « oui mais » 

A travers ce thème, les auteurs détaillent la logique de la frugalité, pérennité, culture d’entreprise, appliquée aux acquisitions. C’est ainsi qu’un biais apparaît pour des acquisitions à contre cycle, à dimensions plus internationales, avec une méfiance avérée pour l’endettement.

▣ Chapitre 9 : Pas seulement réservé aux entreprises familiales 

Les auteurs rappellent les principaux traceurs des entreprises familiales performantes et indiquent que ce type de management est aussi appliqué dans d’autres société non familiales. Nestlé et Essilor sont alors décortiquées.

Quelques phrases types (phrases que j’entends en AG parfois)

  • « Les survivants sont tous des innovants » (J Burelle)
  • « Le passage de 30 mille à 3.5 millions de collectes est lié à nos offres innovantes envers les agriculteurs » (JM Soufflet)
  • « Le temps est un actif que certaines boites n’ont pas » (G Degonse, de Decaux)
  • « Ce n’est pas avoir un jet qui me rendra plus heureux, on passe notre temps dans l’entreprise par amour des gens avec qui on travaille » (JM Soufflet)
  • « L’argent le plus facilement gagné est celui que l’on n’a pas dépensé » (JM Soufflet)
  • « Le radinisme industriel » (G Mulliez)
  • « Audacieux mais prudent, axé vers le profit mais généreux, dur au travail mais social, international avec des racines fortes » (V. Bolloré)
  • « Nous, on gagne peut être moins de sous mais on construit quelque chose de cohérent et de pérenne » (JM Soufflet)
  • « Une entreprise familiale joue sur le long terme, la différence avec nos concurrents se joue dans la durée » (P. Ricard)
  • « On s’interdit de dépenser plus que ce que l’on gagne » (V Bolloré)
  • « Le respect des produits, des clients, et des hommes » (P Ricard)
  • « Je n’arrive pas à désinvestir ….. c’est compréhensible quand on a tout construit soi même » (JM Soufflet)

Et il y en a beaucoup d’autres !

▣ Conclusion, mon avis

Ce livre possède un léger biais puisque seulement une cinquantaine de sociétés est étudiée. La portée des conclusions s’en trouve donc restreinte et il serait dangereux de considérer que l’ensemble des sociétés familiales est mieux géré sur le long terme que celui des autres sociétés.

Mais on y apprend des choses passionnantes !

Il existe des dénominateurs communs à toutes ces sociétés familiales bien gérées.

J’ai particulièrement aimé les thématiques maintes fois décortiquées autour de la pérennité, de la frugalité et des organisations. L’ambidextrie reste pour moi la capacité déterminante entre les bons managers et les moins bons (voire les mauvais).

Livre à lire pour tous ceux qui, comme moi, croient au management qui influence ce monde.

Phil, alias SRV - 24 août 2018.

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Stratégies des meilleurs

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Buffett, Soros, Icahn, Fonds souverains... Leçons de stratégie des meilleurs investisseurs, par Gérald Autier. Ce livre de 184 pages vient de sortir aux éditions Maxima.

L'auteur, conseillé en gestion de patrimoine, passe en revue un nombre important de stratégies d'investissement, essentiellement boursières. Il n'y a que quelques pages par stratégie, ce qui rend le livre facile à lire. D'autant que les chapitres sont indépendants, on peut ne lire que ceux qui nous intéressent.Continuer la lecture →

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Security Analysis, de Graham et Dodd

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Les vacances sont comme d'habitude propices à la lecture.

Security Analysis, de Graham et Dodd, est La bible de l'investissement boursier, sûrement l'ouvrage financier le plus vendu au monde. Un monument qu'il faut absolument avoir lu, ou au moins parcouru, avec L'investisseur intelligent, de Graham.

Ben Graham, professeur de finance à l'université de Columbia (New-York), est considéré comme le père de l’analyse financière et de l’investissement dans la valeur. Investisseur professionnel à New York, il a enseigné à l’université de Columbia. Il a été le mentor de Warren Buffett, et le conseiller de présidents américains. Francophile, il est mort à Aix-en-Provence en 1976. David Dodd a été étudiant puis collègue de Graham à Columbia et est un des grands théoriciens de l'investissement boursier.

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Les crises financières

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les-crises-financieres-lacosteLes crises financières. Histoire, mécanismes et enjeux. Par Olivier Lacoste, diplômé de HEC, IEP et de l'ENA.

204 pages, editions Eyrolles, 10 €.

Voici un livre pédagogique, détaillé, et utile pour le débutant qui veut (presque) tout savoir sur les crises financières. Il y a trois parties :

  1. l'histoire des crises,
  2. les mécanismes des crises,
  3. des préventions possibles.

Chaque partie est traitée de façon simple et claire.

Pour qui veut connaître le B.A-BA des crises financières, je conseille cet ouvrage, dont la deuxième édition date de 2015. En plus, il n'est pas cher.

 

Sommaire complet :

  • Préambule - Les enjeux de la monnaie et de la finance
  • Le financement de l'économie souvent perturbé par les crises
    • Des tulipes à la crise de 1929
    • La seconde moitié du XXe siècle
    • Crise des "subprimes" et crise de l'euro
  • Les crises financières, pourquoi et comment
    • Genèse des crises
    • Contagions et propagations
  • Guérir et, de préférence, prévenir
    • Limiter l'effet des crises
    • Prévenir les crises
    • Epilogue - Crises financières et démocratie

JL - 9 mai 2017.

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En Bourse investissez dans la valeur !

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eveillard

En voyant un nouvel ouvrage en français sur l'investissement dans la valeur dans les rayonnages de mon libraire préféré, je me suis précipité vers les caisses avec le livre en question.

D'après la présentation de Valor Editions, l'auteur, né en 1940, est diplômé de HEC, puis a commencé sa carrière à la Société Générale à Paris en 1962 et a été nommé au bureau de la banque à New York en 1968. Deux ans plus tard, il est analyste pour le Sogen International Fund. En 1979, il est nommé au poste de gérant de portefeuille pour le fonds qui deviendra plus tard le First Eagle Global Fund. Il dirige ensuite le First Eagle Overseas et le First Eagle Gold Fund. Il est reconnu pour ses performances exceptionnelles à la tête de ces fonds.

Si Jean-Marie Eveillard a peut-être eu d'exceptionnelles performances en tant que gestionnaire, cela ne lui donne malheureusement pas le talent de conteur de Peter Lynch. On a pourtant l'impression que ce livre parle bien d'investissement, et même d'investissement dans la valeur. Il nous en donne quelques recettes habituelles. Mais la plupart du temps il se perd dans des détails sans importance. Souvent l'auteur nous raconte sa vie. Plutôt que nous parler d'investissement il nous parle de compagnons ou d'investisseurs que nous ne connaissons pas et ne connaîtrons jamais.Continuer la lecture →

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The big short, le livre

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the_big_short_le_livre

Vous connaissez quelqu'un que le monde de la finance passionne (au minimum vous). Alors pour Noël offrez-lui le DVD du film, ou le livre, The big short. Le film, j'en ai déjà parlé. Il raconte comment plusieurs gérants de hedge funds ont su prévoir la crise des subprimes et parier dessus. Que vaut le livre ?

Le film est une version courte du livre, qui fait 376 pages : on retrouvera dans le livre tout ce qu'on a vu dans le film, mais on y trouvera aussi plus de détails. Michael Lewis a une écriture plutôt agréable et s'est beaucoup documenté. Il n'est guère étonnant que quelqu'un ait voulu en faire un film.

Bref, ce livre sur la crise des subprimes m'a intéressé quasiment autant que le film.

Michael Lewis avait déjà écrit un livre, sur son expérience dans la banque, qui avait eu un certain succès. Il écrit à propos de cet ouvrage (p. 17), cette confidence qui m'a touché :Continuer la lecture →

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Buffett et Cie

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buffet_poulinBuffett, Buffett, et encore Buffett ! Pierre-Luc Poulin a recensé 50 livres "écrits sur Buffett"[1]. Et il en ajoute un. Est-ce utile ? Oui, pour quelqu'un comme moi qui ne prends guère plaisir à lire l'anglais.

Comme il l'écrit en quatrième de couverture, "ce livre n'est en rien une biographie, il s'attarde plutôt sur des concepts propres à Buffett que chaque investisseur, petit ou grand, peut comprendre et mettre en application pour mieux investir."

Je me suis toujours demandé si quelqu'un avait déjà vérifié que le cas Buffett n'était pas juste le résultat de la loi des grands nombres, un représentant de la "queue de la gaussienne". Avec tous les investisseurs dans le monde, il n'est peut-être pas si improbable que quelques-uns gagnent beaucoup, sans pour autant que ce soit dû à un talent exceptionnel. Continuer la lecture →

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  1. En fait, il n'a visiblement comptabilisé que les livres écrits en anglais. []
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Psychologie de l'épargnant

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50_experiences

50 petites expériences en psychologie de l'épargnant et de l'investisseur, pour mieux réussir tous vos placements, par Mickaël Mangot.

L'auteur de ce livre de 200 pages est docteur en économie, spécialité finance comportementale et psychologie des marchés financiers. Il est enseignant à l'ESSEC et consultant en finance comportementale. Il est donc très bien placé pour écrire cet ouvrage.

Il décrit, un par un, 57 traits psychologiques des investisseurs dont la plupart sont des biais comportementaux. Mickaël Mangot connaît bien les recherches dans ce domaine : chaque description s'appuie sur une expérience scientifique réalisée par des économistes.

L'intérêt du livre est de passer en revue beaucoup de biais, mais aussi d'être écrit simplement tout en s'appuyant sur l'économie expérimentale. L'ouvrage est ainsi destiné à tous.

Petit bémol, l'écriture n'est pas très légère ni drôle. Les titres de rubriques eux le sont pourtant. Bien qu'il soit intéressant, je ne me suis donc pas spécialement régalé en lisant ce livre, et plutôt que tout lire j'ai préféré picorer dans les rubriques qui m'intriguaient le plus.

Comme la rubrique 51, "pourquoi faut-il demander un prix exorbitant quand on vend sa maison ?". Question que je me suis souvent posée... J'ai aussi reconnu pas mal de mes biais. Comme le 28, "pourquoi ne rachetez-vous jamais les titres sur lesquels vous avez perdu de l'argent ?". Plus jamais de Crédit Agricole pour moi ! :-)

Un livre pour se détendre mais aussi pour apprendre et se remettre en question. Pour vous en donner un avant-goût, je vous copie le sommaire détaillé.

Dunod, 2007.
Prix : 18,5 euros à l'origine, mais l'ouvrage est épuisé, il vous faudra le trouver d'occasion.

Sommaire détaillé
Avant-proposContinuer la lecture →

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Actions ordinaires et profits extraordinaires

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actions_ordinaires

Actions ordinaires et profits extraordinaires, par Philip Fisher, 1960.

L'été est propice aux lectures et à leurs compte-rendus. En voici déjà un.

Cet ouvrage est souvent décrit comme le premier best-seller sur l'investissement. La stratégie de Philip Fisher ne repose aucunement sur la valeur des actifs d'une société mais sur son potentiel de croissance. Ce grand investisseur est un des quelques-uns dont Warren Buffet a dit qu'il était un "lecteur assidu". Nous avons donc entre les mains un des grands ouvrages de l'investissement, comparable en renommée et en intérêt, à ceux de Graham ou de Lynch.

L'introduction, écrite par le fils même de l'auteur, investisseur lui-même, permet de mettre en exergue ce que sont à ses yeux les "deux joyaux" de l'ouvrage : la méthode des commérages et les quinze points à rechercher pour une action ordinaire. Kenneth Fisher, investisseur value, souligne également l'intérêt d'appliquer la méthode de son père à des investissements value et pas forcément de croissance. Il ne faut donc pas voir ce livre comme un pur guide d'investissement dans la croissance mais comme un ouvrage de méthodologie plus général, contenant des idées clés qui permettent de juger de la qualité d'une entreprise et de son potentiel de croissance des bénéfices.Continuer la lecture →

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Peter Lynch : Battre Wall Street

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lynch_battre_wall_street"Battre Wall Street" ("Beating the Street" dans sa version US) est le second livre de Lynch traduit en français, après le fameux "Et si vous en saviez assez pour gagner en bourse". Le traducteur en est Antoine Dublanc, gérant de Valor Editions.

La préface laisse présager du bon Lynch. Il explique de façon efficace mais humoristique pourquoi à 46 ans il a quitté son travail chez Magellan. "Je me rappelais que mon père était mort à 46 ans. D'un seul coup vous vous sentez mortel quand vous réalisez que vous êtes plus vieux que vos parents lorsqu'ils ont disparu. Vous vous rendez soudain compte que votre existence n'est peut-être plus bien longue, et qu'un fois que vous serez mort ce sera pour longtemps. C'est là que vous regrettez de ne pas avoir partagé plus de jeux avec vos enfants, plus de sorties au ski et plus d'après-midis au stade à les voir jouer au foot. Et vous vous rappelez que personne n'a jamais dit sur son lit de mort 'je regrette de ne pas avoir passé plus de temps au bureau'." La suite de l'ouvrage se partage essentiellement entre une première partie autobiographie de Lynch chez Magellan et une deuxième partie de description de valeurs qu'il a analysées.Continuer la lecture →

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The big short

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the_big_shortCommençons l'année par de la détente.

La crise de 2007-2008 a décidément inspiré les artistes. Notamment au cinéma. Il y avait déjà eu l'excellent documentaire Inside Job, le très bon Margin call, et l'assez peu réaliste Le loup de Wall Street. Voilà que vient de sortir The big short, affublé, en français, du sous-titre peu clair Le casse du siècle, dont le scénario est une adaptation du livre de Michael Lewis, The Big Short : Inside the Doomsday Machine, publié en 2010, et qui a passé 6 mois sur la liste des best-seller du New-York Times.

Il raconte comment plusieurs gérants de hedge funds ont su prévoir la crise des subprimes et parier dessus.

Le scénario décrit des événements réels. La mise en scène se veut assez didactique, en revenant sur les termes ou les notions financières, parfois à la manière d'un documentaire, parfois de façon comique. Pour autant si vous ne savez pas du tout ce qu'est un short en entrant dans la salle, un certain nombre de passages vont vous paraître obscurs voire difficiles. Il me semble d'ailleurs probable qu'une partie du public s'ennuie un peu, car la bande annonce ne laisse par entrevoir un film aussi technique sur la finance. Par contre, il devrait intéresser ceux qui ont quelques connaissances sur ce milieu. Autrement dit, il devrait vous intéresser. En tout cas, moi j'ai aimé ce film.Continuer la lecture →

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Les journées de l'économie

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2015-10-21 11.43.17

Dans le reporting d'octobre, je vous ai déjà présenté la Galerie d'anatomie comparée et de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle. Voilà la photo de la salle de paléontologie au deuxième étage, avec entre autres ses dinosaures. Tout en observant les fossiles, on intègre réellement que ces animaux disparus, les dinosaures et les autres, ont vraiment existé, et que la science est un beau et long travail d'enquête qui mobilise toutes les intelligences.

L'humain fait décidément des choses formidables. Outre le muséum, je voulais vous présenter aujourd'hui une autre de ces constructions formidables : les journées de l'économie.

Cette manifestation se déroule chaque année en octobre ou novembre à Lyon depuis 2008. Pendant trois jours, nous pouvons assister à des conférences (tables rondes) qui réunissent plusieurs intervenants et un animateur. Ce qui est fantastique dans ces journées de l'économie, ce sont :Continuer la lecture →

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Investir dans la valeur, le livre

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investir_ds_valeur"Investir dans la valeur. De Benjamin Graham à Warren Buffett et au-delà" de Michael Van Biema, Bruce-C-N Greenwald, Judd Kahn, Paul-D Sonkin.

Lorsque j'ai lu ce livre pour la première fois, je débutais et c'était sûrement trop tôt car... je n'ai rien compris, ni rien retenu.

Il faut dire que la forme n'aide pas : cette édition française de l'ouvrage américain est d'une qualité très très médiocre. Outre un nombre de fautes de frappe incalculable, l'éditeur ne connait pas les règles de typographie française : les noms propres et les noms de sociétés sont intégralement en majuscules, il n'y a pas d'espace avant les $ et les % (encore que l'éditeur n'applique même pas sa 'règle' uniformément).

La structure de l'ouvrage elle-même n'est pas très pédagogique. On peut légitimement douter que les auteurs aient passé beaucoup de temps à vouloir rendre leur discours le plus structuré, le plus simple, le plus accessible. Les notions s'entremêlent sans qu'on voit souvent le cours logique des choses. On a du mal à appréhender ce qui est important de ce qui ne l'est pas. Un exemple : la formule de calcul de la VCB, notion importante de l'ouvrage, est perdue au milieu d'un paragraphe. Quant à la définition du "coût du capital", élément fondamental de cette formule, je ne sais même pas où elle se trouve !

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La Bourse pour les nuls

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bourse_pr_nuls

Si vous êtes débutant dans le domaine alors La bourse pour les nuls est fait pour vous. Un vaste ensemble de questions est passé en revue : à quoi sert la Bourse, quelles sont les places financières, pourquoi les cours montent ou baissent (encore que la réponse à cette question m'a laissé sur ma fin), comment passer des ordres, comment faire son choix parmi les titres, quels sont les outils d’aide à la décision, les obligations, les trackers, la fiscalité etc.

En conclusion, c'est un ouvrage typique de la collection Les Nuls et je trouve que le but est atteint : il est pédagogique, bien écrit et complet dans son niveau. J'ai particulièrement apprécié le chapitre sur la comptabilité d'entreprise. Bref, je le recommande aux débutants. Évidemment ce n'est qu'un premier pas et il vous faudra lire autre chose. Surtout pour investir dans la valeur.

Sommaire :

  • Pourquoi s'intéresser à la bourse
  • Le b a-ba du marché
  • Comment gérer son portefeuille
  • Pour aller plus loin
  • Les dix proverbes, les dix règles d'or
  • Annexes

Sommaire complet ici.

La bourse pour les nuls, de Gérard Horny. Prix public 24 euros.

JL - 2015.

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La bourse, une machine infernale

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laboursemachineinfernalePour découvrir le sujet de ce nouveau livre sur la bourse, commençons par lire une partie de la 4e de couverture :

"Depuis les années 90, les bourses ont progressivement perdu leur visage humain au profit de l'électronique. Les parquets, où s'époumonaient les agents de change, seuls habilités à pouvoir exécuter les ordres des investisseurs, sont désertés. Ils ont cédé leur place aux banques, qui se retrouvent elles-mêmes face à des acteurs plus importants, appelés traders à haute fréquence. Dans le même temps, les négociations en Bourse s'accélèrent, au point de dépasser largement aujourd'hui la vitesse de la lumière.

Depuis le flash crash de 2010, le monde découvre avec stupeur l'importance de ces firmes robotisées et le rôle qu'elles jouent désormais sur les marchés d'actions et les produits complexes. Pourtant, leur avènement s'accompagne d'une démocratisation des marchés pour tous les investisseurs. Car désormais, il n'a jamais été aussi facile pour le particulier de négocier en Bourse. Et jamais aussi bon marché également.

La robotisation des marchés financiers pose des défis de taille pour les acteurs qui y interviennent. Tout le monde court après la machine."

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