Nous voilà à 6 ans de portefeuille. Ceux qui me suivent depuis quelque temps connaissent la conclusion temporaire de ces 6 années : en terme de performance, les compte-titres n’ont rien fait, alors que la valeur du PEA a été multipliée par quasiment 5 ! La conséquence est que je m’occupe de moins en moins de trouver des valeurs pour mes CTO. Dernièrement, j’y ai logé des titres que j’ai aussi en PEA.

La participation à l’assemblée générale de Gaumont, avec les 900 k€ chacun de salaire de Sidonie Dumas et Nicolas Seydoux, m’a replongé dans des réflexions sur l’héritage (financier, social, culturel…). Une des idées qui m’est étrangère est d’attribuer sa position à son mérite et non à son héritage. Je connais beaucoup de personnes qui ont une position sociale ou financière enviable, et certains pensent être arrivés à ces postes prestigieux par leur mérite. Pour beaucoup, leur père exerçait le même métier. Le fils d’un moniteur de ski a t’il du mérite de savoir bien skier et de devenir moniteur de ski ? Cela pose la question de la définition du mérite. Tout cela m’a donné envie de lire Les Héritiers de Bourdieu et Passeron. Peut-être sur la plage cet été ?

Nouvelles générales du portefeuille et des sociétés

Grosse rotation, et remaniements, du portefeuille pendant ces deux mois. J’ai commencé par vouloir acheter, ou continuer à acheter, des positions françaises qui me semblent avoir des thèses assez simples (U10, Passat, Media 6, Ymagis, Prodware etc), qui reposent notamment sur des achats importants d’initiés. C’est pourquoi j’ai dû me résoudre à vendre des titres que j’aurais bien gardés (Financière de l’Odet, Vertu Motors, des daubasses…), mais qui, somme toute, reposaient sur des thèses qui n’étaient pas les miennes, et pouvaient donc se révéler plus inconfortables. Puis, un peu pour les mêmes raisons, j’ai fini par vendre les 3 fonds que j’avais. Finalement, j’ai profité de cette rotation pour faire pas mal de ménage. J’ai logé une partie des achats français sur mes deux CTO, jusque là quasiment réservés aux actions non-PEA. J’ai même déplacé sur CTO les actions avec le moins de potentiel, pour mettre sur PEA celles qui en avaient le plus, pour des raisons de fiscalité. Ainsi, je pense un peu avoir amélioré le potentiel du portefeuille, et j’ai coupé quelques branches qui ne poussaient guère, puis surtout j’ai amélioré la confiance que je porte au portefeuille.

  • Thalassa. Le 11 mai 2015, Thalassa a fait une série d’annonces. La société FairfieldNodal, qui a acheté WGP à Thalassa, l’a informé ne pas vouloir acheté sa division Autonomous Robotics. Celle-ci a d’ailleurs conclu avec succès des tests sur son véhicule sous-marin. Thalassa explore maintenant les options pour lever du capital afin de développer ce prototype. D’ailleurs, WGP a gagné un prix : lien. Dans une autre annonce, la société nous informe également que le cash de la vente de WGP n’a été effectivement enregistré sur les comptes que début janvier, et qu’il n’apparaîtra dans pas les comptes de 2017 mais dans ceux de 2018. THAL a enfin annoncé qu’elle avait autorisé son broker à racheter un million de ses actions (à un prix maximum non divulgué). Le PDG Duncan Soukup veut créer ainsi de la valeur pour l’actionnaire, sachant que la NAV est bien supérieure au cours de bourse. Ces rachats continus depuis plusieurs années nous semblent effectivement être une très bonne allocation de capital de la part de Soukup : acheter 80 p une activité qui en vaut au moins 120 est en effet une création immédiate et certaine de valeur ! Ces deux mois, les rachats d’actions propres se montent, dans l’ordre chronologique à : 25 000 à 84 p, 25 000 à 84,75 p, 25 000 à 85 p, 40 000 à 84 p, 45 000 à 83,75 p, 30 000 à 83,75 p., 25 000 à 83,75 p., 30 000 à 83,75 p, 20 000 à 84 p, 50 000 à 84 p. Le rapport annuel 2017 a été mis à disposition du public fin juin. A la suite, j’ai refait une estimation de la valorisation et ai eu une discussion avec Duncan Soukup : cf. mise à jour à la fin de l’article.
  • Gaumont. Nons avons reçu 1 € de dividende par titre. Au ciné, je suis allé voir La mort de Staline, produit par Gaumont, j’adore ! Après Tout le monde debout, et Monsieur je-sais-tout que n’ai pas vu mais très apprécié des critiques, c’est encore la preuve que Gaumont sait faire de bons films.
  • Powerfilm a refait son site web, ce n’était pas inutile… Aucune nouvelle du rapport 2017. Si on se fie à l’an dernier, alors sa publication ne devrait pas tarder.

▣ Achats

  • U10. Publication d’un article sur le blog et achat de titres à 3,63 €, pour 2 % du portefeuille.
  • Passat. J’ai fini par acheter cette net-net, sur laquelle j’avais publié un article il y a 6 mois. Il faut dire que le cours avait baissé de -20 % depuis. Achat à 4,72 € pour environ 2 % du portefeuille.
  • Media 6. Pas mal d’achats autour de 14 €. J’ai écrit un article dessus.
  • Prodware. Nous avons appris de nouveaux achats d’actions de Stéphane Conrard : 1684 titres à 13,42 € (total de 23 k€) le 19 avril, 11406 titres à 13,72 € (156 k€) le 30 avril, 9342 titres à 13,81 € (129 k€) le 2 mai. A la suite de ces acquisitions, j’ai procédé moi-même à quelques nouveaux achats, autour de 13,5 €. Publication du CA du T1 2018 : hausse de 4,1 % du CA, et hausse du Saas de +37 %. Assemblée générale : c’était le 18 juin. Je ferai peut-être un petit CR à l’occasion.
  • Ymagis. Le titre a fait une longue glissade vers le bas. Peut-être que Norges Bank continue de vendre sa position. En effet la Banque centrale de Norvège a déclaré avoir franchi en baisse, le 6 avril, après une cession sur le marché, les 5 % du capital d’Ymagis, pour en détenir 4,68 %. D’autre part, un bloc de 58 081 actions Ymagis a été négocié le 30 mai à 9 h 52 sur un cours de 5,84 euros, pour un montant de 339 kE et 0,73 % du capital. Le 29 mai, on apprenait les achats d’actions du PDG, Jean Mizrahi : outre un reliquat de 77 k€ d’actions à 8,39 € pièce les 19 et 21 décembre 2017, ont été reportés des achats pour un total de environ 331 k€ d’actions payées entre 5,89 € et 7,08 €, entre les 17 et 25 mai 2018. J’estime la rémunération du PDG à environ 15 k€ net mensuels. Ces achats sont donc significatifs. Pour moi, c’est un fort signal positif. Le lendemain de cette annonce le cours a pris +3 %, ce qui est relativement peu, mais il s’est échangé 10 fois plus d’actions que d’habitude, 147 000 (soit quasiment 1 M€) au lieu de 14 000 en moyenne. Le gros vendeur en a sûrement bien profité. En tout cas, j’en ai profité aussi, mais pour augmenter ma position. On apprenait aussi, le 1er juin, que la maison d’investissement Twenty First Capital pointait à 6,18 % du capital de Ymagis. Cette société gère notamment le fonds « ID France Smidcaps » qui investit dans les actions de mid et small caps, en grande partie française, suivant une stratégie de stock picking. La performance de ce fonds de juillet 2012 à début juin 2018 est de +293 %, ce qui n’est pas mal (je fais +360 % dans le même temps). Puis, nous avons appris le renforcement de Inocap, une bonne maison de gestion (avec les fonds Quadrige), en avril 2018. Enfin, le 6 juin Ymagis annonçait qu’il allait faire racheter 5,3 % de son capital en juin. Les titres ainsi rachetés seront utilisés pour les plans destinés aux salariés ou, ultérieurement, lors d’éventuelles opérations de croissance externe. Il n’est pas question de les annuler. 
  • Une daubasse, dont le nom commence par D et achetée récemment. J’en rachète un peu.
  • Air France. Dans la stratégie event-driven investingsuite à la grève et la démission de Janaillac, j’ai tenté l’achat de quelques options AFA C call à 0,60 €, échéance décembre 2018, strike 8,00 €, alors que le sous-jancent est à 7,5 €. Évidemment pour une très faible portion du portefeuille, 0,15 %.
  • Action en cours d’achat. J’ai passé une partie du mois de juin à accumuler un titre peu liquide. J’attends d’avoir fini mes achats pour éventuellement en parler ici.
  • Razor. Là encore, je n’ai pas étudié la société. J’ai juste lu un article qui paraissait savoir de quoi il parlait. C’est une société pétrolière canadienne qui semble très décotée sur plusieurs critères. Achat à 2,71 CAD pour 0,5 % du portefeuille.

▣ Ventes

  • Financière de l’Odet. Vente du reliquat de ma ligne à 970 € pour faire les achats mentionnés plus haut et parce qu’il s’agit d’une valeur que je ne maîtrise pas. PV = +40 % en 1,3 ans.
  • Vertu Motors. Vente de la ligne, à 50 p, pour les mêmes raisons. PV = 0 % environ.
  • Abbey PLC. Vente de la ligne, à 15,30 GBP, pour les mêmes raisons. PV = 2 % environ.
  • Conduril Constructora. Une vieille idée de Etienne, de l’IH. Vente de la ligne, à 52 €, pour les mêmes raisons. PV = 0 % environ en 5 ans.
  • HF Company. Vente à 8,40 €. Dans les chiffres, la société n’est pas très chère, avec une EV de 7 M€ et un EV/EBITDA2018 = 3,5 (EBITDA prévu donc, l’EBITDA 2017 est négatif). Depuis 5 ans la société n’a jamais tenu ses promesses de croissance. Il devient difficile pour moi de croire en la qualité du management. Je vends donc pour acheter d’autres affaires. PV = +45 % en 5 ans.
  • Lands End. Vente à 21,70 $. Un reliquat, spin-off de Sears Holdings, qui a remonté un petit peu la pente.
  • Genworth. Suite à une annonce d’OPA sur cette société, le cours n’avait pas rejoint  le prix de l’offre et j’avais joué la stratégie event-driven avec des options. Les premières ont expiré et j’ai tout perdu. Mais en juin l’OPA a été accepté par une instance US et le cours a bondi. J’ai décidé que ça ne valait pas le coup de jouer avec le feu et ai vendu mon deuxième paquet d’option (1,05 $) avec un PV = +33 % en 1,5 ans. Au total sur toutes les options, la MV = -19 %.
  • Destination maternity. Le titre a fait une remontada fantastique depuis ses plus bas à 1,09 $ il y a un an. Vente de la ligne autour de 5 $, ce qui est à peu près mon PRU, mais j’avais malheureusement déjà largué une partie de la ligne bien plus bas. Sur l’ensemble de mon gros trade KAZI/DEST, finalement je m’en sors moins mal que ce que je craignais, avec une moins-value quasi nulle de -2 % sur la position initiale, ou -0,2 % du portefeuille actuel. Après Sears, je considère que DEST a été ma plus grosse erreur stratégique. Au départ, cela a commencé par un long/short DEST/KAZI. Si j’avais persévéré, j’aurais été gagnant des deux cotés du pari… Ha, les regrets…
  • Une daubasse asiatique dont le nom commence par A . MV = -4 % en 4 ans.
  • Une daubasse allemande dont le nom commence par S . MV = – qq % en qq mois.
  • Une daubasse US, dont le nom commence par E. Je vends pour les mêmes raisons et car le cours n’est plus très loin du cash net (à fin déc. 2017). PV = + 51 % en qq mois.
  • Avalon Holdings Corporation. Ex-Daubasse. MV = -60 % en 5 ans.
  • Magnachip semiconductor. Une ex-IF. MV = -30 % en 4 ans.
  • Keryx. C’etait un suivi de gourou, stratégie dont je suis revenu. Pas facile à faire, et les gourous se trompent autant que moi. MV = -1 % en 3 ans.
  • Era Group. PV = +20 % environ en 3 ans.
  • SCBSM. En mai, Jacques Lacroix, le Président du Conseil, a acheté 20 000 action au prix de 6,9 €, soit 0,15 % de la capitalisation. Mais le potentiel me semble moins bon que d’autres actions. MV = – quelques % en qq mois.
  • Fonds : Moneta multi-caps, Quadrige Acc, Indépendance et Expansion. J’ai tout revendu, pour deux raisons : 1. finalement j’espère faire mieux que ces fonds (l’année qui vient de s’écouler me donnant raison, pour l’instant…). 2. contrairement à ce que je pensais, je ne suis pas à court d’idée, je continue à trouver des sociétés à acheter. J’avais donc besoin de liquidité. Il me semble que j’augmente ainsi mon potentiel de gain. PV = +90 % sur Moneta multi-caps, détenu depuis plusieurs années, +3 % sur Quadrige en 1,5 an, -4,5 % sur I&E en 6 mois.

▣ Performance et gains

Le PEA monte encore un peu et atteint les +8,66 % depuis le début de l’année, Le portefeuille Lynx progresse enfin, de +14,37 %, grâce à la remontada de Destination. Le CTO Binck se stabilise presque, à -0,72 %. La performance du portefeuille total est de +7,51 % sur 2018. Tout cela est supérieur aux différences comparables listés dans mon tableau, à la fois sur 2018 mais aussi sur les 6 ans.

Bilan détaillé :

Tous les 6 mois, je regarde les gains mensuels absolus du portefeuille afin de me persuader que le travail fourni est rentable. Je calcule la valeur gagnée en moyenne par mois par mes portefeuilles au cours du temps : c’est la valeur totale gagnée par mes portefeuilles jusqu’à un instant, divisée par le nombre de mois écoulés jusqu’à cet instant (précisions ici). Voilà ce que ça donne aujourd’hui :

Avec un certain plaisir, je reviens non loin de mes plus hauts.

▣ Composition du portefeuille

La composition du portefeuille au 30 juin est donnée dans le tableau qui suit. Quelques lignes (Gaumont, etc) sont présentes sur plusieurs comptes.

PEA  
Gaumont (+ aussi sur Lynx) 29,87 %
Groupe Vial – délisté 0,17 %
Media 6 3,07 %
Orchestra Kazibao 0,31 %
Passat 1,55 %
Technicolor 0,29 %
Ymagis (+ Binck) 1,55 %
Nautilus Marine Services 0,22 %
Action en cours d’achat 18,11 %
CTO Binck  
Cofidur 5,83 %
Prodware (+ Lynx) 1,42 %
i2S 1,36 %
U10 1,24 %
Ymagis 2,02 %
Bellatrix Exploration 0,39 %
Corridor Resources 0,56 %
PowerFilm 2,28 %
Thalassa Holdings 3,92 %
Sears Hometown and Outlet Stores 0,16 %
Options Air France FA C DEC 2018 8,00 0,07 %
Action en cours d’achat 2,23 %
CTO Lynx  
AIG, warrants 2,73 %
Prodware 5,00 %
Gaumont 3,32 %
Razor 0,26 %
Sears holdings, actions 0,10 %
Sears holdings, options 0,26 %
U10 1,65 %
Veltex 0,32 %
Action en cours d’achat 1,50 %
Total (30 lignes) 91,74 %
Daubasses (9 lignes) 8,03 %
Liquidités 0,23 %

 

Mon nombre de lignes diminue progressivement. J’espère continuer dans cette voie.

▣ Quelques idées

Dans le journal Investir du week-end dernier, voici quelques pistes d’investissement données par J.F. Delcaire (HMG finance) :

▣ Nouvelles du blog et autres

Sur le blog, ces deux mois j’ai publié trois articles : une analyse de la société U10 et une de la société Media 6, ainsi qu’une annonce sur Softimat.

Petit regard sur la popularité relative des articles. Celui sur Gaumont est le plus