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Reporting janvier-juillet 2021

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Cela faisait quelques mois que je n’avais plus rien publié. Rien de grave, juste des affaires passionnantes  au travail.

De toute façon, je suis de moins en moins motivé pour acheter des actions. Tout me fait penser que le marché sent la surchauffe. Tout d’abord les valorisations folles de certaines sociétés. On a tous entendu parlé de Gamestop, remonté à 270 $ au printemps. Avec cependant des puts hors de prix. Le strike 270 $ échéance juillet cotait 150 $ ! Le célèbre investisseur Michael Burry semble lui aussi penser que certaines valorisations sont trop importantes puisqu’il a initié un short sur Tesla. Aux Etats-Unis toujours, on a vu AMC entertainement, une grande chaine de salles de cinémas, faire x30 depuis le début de l’année, avec un +80 % le jour où ils ont dit qu’ils feraient les pop corns gratuits aux actionnaires… On a entendu parlé aussi de Hometown International (HWIN), qui possède une seule charcuterie dans une zone rurale du New Jersey. La charcuterie a réalisé 21 772 $ de ventes en 2019 et seulement 13 976 $ en 2020, car elle a été fermée pour cause de Covid de mars à septembre. Et bien, figurez-vous que HWIN a atteint une capitalisation boursière de 113 millions de dollars le 8 février. Les indices sont eux aussi en forte hausse : depuis 18 mois, le price-to-book (P/B) du S&P500 a progressé de 40 % environ. Le 17 juin, le CAC40 a atteint le chiffre diabolique de 6666 à partir duquel j’avais prédis à mes amis une baisse de leurs titres. En France, la situation la plus incompréhensible est celle de entreparticuliers.com qui s’est envolé en quelques jours pour capitaliser 55 M€ pour un revenu de 400 k€ (120 fois le CA !). Le pire est que cela dure et que personne n’a pu fournir d’explication à ce délire. Le PDG, lui , n’est pas fou, il en profite pour vendre tout ce qu’il peut, jusqu’à 2 M€ d’actions en quelques jours. Un grand chanceux. J’aimerais bien qu’on ait le fin mot de cette histoire un jour. À Paris, on a eu aussi McPhy energy : 400 M€ pour un CA de 14 M€ (soit x 60). Hopium, est passé de 3 à 20 € en 10 jours, avec une capitalisation de 160 M€ pour un CA de… zéro. Récemment, est arrivée une société dont même le nom fait penser qu’il s’agit d’une blague :  “Agences de papa” une agence immobilière low cost. Accrochez-vous au parachute : pour une valorisation de 160 M€ vous avez un chiffre d’affaire de… 30 k€, un RN et un FCF tous deux en perte de – 2 M€ (voir aussi un article ici).

Cette frénésie n’échappe pas à un nouveau produit financier dont vous avez forcément entendu parler. Les SPAC font fureur à Wall Street, et dans une moindre mesure en Europe. Ces véhicules d’investissement ont pourtant des frais délirants : attribution de 25 % d’actions gratuites aux fondateurs, frais d’introduction,… tout cela pour des performances des investissements très mauvaises… Depuis 10 ans, leur sous-performance annuel relativement au Russell 200 est en moyenne de -40 % (elle varie entre -10 % et -75 %). Même les pires gérants de fonds semblent honnêtes à coté de ces nouvelles pratiques. Pourtant, ce piège à gogos fait fureur. Quand la machine va s’arrêter, ça sera un bain de sang (comme d’habitude).

Le segment du non coté n’est pas épargné. Dans un article de juillet 2021, l’AGEFI a titré : “Le prix des PME et des ETI non cotées atteint un record absolu. Selon l’indice Argos Wityu, les entreprises mid cap de la zone euro ont été rachetées 11,6 fois l’Ebitda au 2e trimestre” ajoutant même que “jamais les prix n’avaient été aussi élevés, pas même sur la période précédant la crise financière des supprimes” (9,1 fois l’Ebitda).

Un autre indicateur de surchauffe : le nombre de sorties de cote est important. Par ailleurs, en mai 2021, les fusions-acquisitions avaient plus que doublé depuis l’an dernier, et leur nombre étaient au plus haut depuis 20 ans.

Si vous voulez en lire plus sur ce que certains considèrent comme une fin de partie, il y a par exemple l’article de Jeremy Grantham.

Evidemment ces hauts niveaux peuvent durer encore des années, et monter encore plus haut. Mais, en ce qui me concerne, je considère que des valorisations élevées signifient une marge de sécurité abaissée. A ce sujet, la figure en entrée de cet article est parlante : plus on achète quand les portefeuilles sont remplis d’actions, comme c’est le cas actuellement, moins on a de chances d’avoir une bonne performance.  C’est pourquoi je n’ai plus envie d’être investi à 100 %, et  je réduis la voilure.

Il ne s’agit pas de tout vendre dans la précipitation. Il s’agit juste de garder le cash : lorsque je vends, je me force à ne rien racheter. De toute façon, tous les prix ont monté et il n’y a rien d’aussi évident à acheter que cela a pu l’être parfois ces dernières années.

Mouvements du portefeuille

Commençons par les achats :

  • UFF. Voir l’article. Acheté dans une idée d’arbitrage.  Revendu +4 % en 2 mois, car je n’y croyais plus guère et j’avais d’autres idées
  • Quadient. Voir l’article. Un tout petit P/FCF. J’en prends pour 10 % du portefeuille. J’ai commencé à alléger quelques mois plus tard, à environ +20 %. 
  • PCAS. Achat entre 10 et 14 € suite à l’annonce de la vente de Seqens (maison mère de PCAS) par Eurorazeo.  On ne sait pas s’il y aura une offre publique pour PCAS, mais on pense que c’est fort possible dans le courant de l’année. PCAS est estimé à 17 € dans les comptes de Seqens.
  • Malteries franco-belges. C’est la même problématique que pour PCAS. Une vente de la maison mère sans qu’on sache si cela va déboucher sur une OPA sur MALT. Achat vers 740 € en début d’année, revente de l’essentiel vers 880 € entre mars et avril.
  • Devoteam. Achat à 100 €. P/FCF = 10. HMG est à l’achat, le dirigeant aussi. Une entreprise qui a fait ses preuves. Voir article dans Investir, plus bas.
  • Desjoyaux.  Achat autour de 28 € suite à une hausse de +46 % du CA au T1 2021. Il y a par ailleurs un fort levier opérationnel suite aux investissements (automatisation) des années précédentes. Voir article dans Investir, plus bas.
  • Akwel. Le printemps a commencé par un gros allègement vers 30-35 €, après une belle montée, liée à de très bons résultats. PV = +70-90 % en 1,5 ans. J’en rachète fin juin autour de  25 € après une baisse qui me semble injustifiée, puis encore en juillet autour de 22 €. Le FCF est toujours de 100 M€ hors BFR et exceptionnels.
  • Explosifs et produits chimiques, parts des fondateurs (EPCP). Voici ce que j’écrivais il y a quelques mois dans mon fichier. << Il s’agit d’un arbitrage : cette société est présente en bourse via ses actions (EXPL) et ses parts de fondateur (EPCP), un instrument tombé en désuétude. Voir la file “parts de fondateur” de l’IH, et celle de Larbinator pour plus de détails. Je passe les détails de toute l’opération, mais les parts vont probablement être converties en actions de façon forcée. Le ratio de conversion proposé par l’expert est de 1,33 (1 part = 1,33 action). Comme les initiateurs de cette conversion se sont réservés le droit de l’annuler si le ratio dépassait 1,30, je pense que 1,33 les satisfera pleinement : ils pourront dire aux porteurs de parts mécontents “vous voyez on va encore plus loin que ce qu’on voulait”. En effet, les porteurs de parts qui s’expriment publiquement sur le web sont mécontents car ils pensent (et moi aussi) que le ratio juste est de 1,9. Il s’agit en effet du ratio des dividendes versés et des fonds propres possédés. Quoiqu’il en soit, les parts de fondateur étant un instrument inconnu du public, cela fait longtemps qu’elles s’échangent à un prix peu différent des actions (actuellement 640 € vs. 600 €). Vous me voyez maintenant venir : en ayant acquis des parts de fondateur avec un PRU de 641 €, j’ai probablement acquis des actions avec un PRU de 482 €, soit une espérance de gain de plusieurs %. Sans compter que le ratio de 1,33 est un minimum, il pourrait être rehaussé. Au pire, j’aurai des actions ou des parts d’une société qui sera peut-être mieux gérée après l’OPA en cours (affaire à suivre)… Le titre est très peu liquide. Depuis cet achat, un grand nombre d’actions est arrivé à la vente, faisant passer son prix de 600 à 500 €. L’arbitrage est devenu moins intéressant. >> Que s’est-il passé depuis que j’écrivais cela ? Les parts ont bien été converties avec un ratio de 1,33, puis les actions ont été “splités” en 10, et enfin une AK avec DPS a eu lieu à 40 € (400 € avant split). J’ai évidemment souscris à l’AK et je me suis retrouvé avec une ligne acquise à un PRU de 46 €. Du fait de la baisse du titre, l’aspect arbitrage n’a pas été fantastique. Je pensais conserver cette ligne car je crois que les nouveaux actionnaires majoritaires (la société de gestion Argos Wityu) vont restructurer le groupe pour augmenter sa valorisation boursière. Les copains qui ont étudié la société bien plus précisément que moi évaluent sa valeur à environ 100 € par action. Notons enfin que HMG en détient une position importante (8e position de HMG découvertes). Récemment, un ordre de vente de  27 000 titres à 55 € est apparu à la vente dans le carnet d’ordre. Je crains que le cours soit contraint pour un bout de temps. Je me décide à tout vendre avec une PV de 15 % en quelques mois.
  • Kumulus Vape. Acheté autour de 14 € après avoir lu l’article sur valeurbourse et discuté avec les autres copains. Manque de chance, une augmentation de capital est lancée à 9,5 € quelques jours après. Je souscris, achète quelques titres à 10 €, et revends partiellement dans la foulée vers 11-12 €, histoire de diminuer ma moins-value.

Passons aux ventes

  • TXCOM. Allègement à 8,75 € puis 10 €. La décote n’est plus extraordinaire. L’investissement a tenu ses promesses puisque la PV est de  +75-100 %  en 1,5 ans.
  • Civeo (daubasse). Vendu la 2e moitié de la ligne. Le pétrole est à 50 $, un prix moyen des dernières années. PV = +250 % en 9 mois.
  • Sofragi. L’arbitrage s’est très bien passé (sauf pour ceux qui détenaient leurs titres chez Saxo, qui a mis 6 mois à solder l’opération). PV = +7,8 % en un mois.
  • Hipay. Petits allègements à 14,50 € et 17,40 € en début d’année, avec une PV de quelques dizaines de % en moins de 2 ans.
  • Renault. Vendu à 39,2 € pour acheter PCAS. PV d’une dizaine de % en moins d’un an.
  • Plastiques du val de Loire. Vendu à 7,04 € avec une PV de 130 % en un an. La décote ne saute plus aux yeux.
  • Vicat. Vendu entre 41 et 44 €. Encore une action achetée à un prix ridicule et qui a tenu ses promesses, voir article. La décote n’est plus extraordinaire. PV d’environ 70 % en un an.
  • Cofidur. Je commence par revendre les 40 % de ma ligne achetée à 300 € dans une optique de court terme. Cofidur a annoncé ensuite que EMS Finance, le véhicule des ex-dirigeants actionnaires majoritaires, qui détient 49,5 % des actions Cofidur, a été cédé à une SAS détenue par les cadres opérationnels de Cofidur. Sur Euronext Growth, le seuil déclencheur de l’offre obligatoire est de 50 % du capital ou des droits de vote. On comprend mieux le récent passage sous 50 % du capital et la suppression des droits de vote doubles. L’optique d’une OPA s’éloigne fortement : les cadres ne vont pas vendre ce qu’ils viennent d’acheter. Par ailleurs, on les voit mal acheter de nouvelles actions : cela les ferait passer au delà de 50 % et les obligerait à déposer une offre publique. Pas sûr qu’ils en aient les moyens. Enfin, les rachats d’actions ne font pas partie de l’optique de la Société. Il n’y a donc plus aucun catalyseur pour débloquer la valeur de cette action boudée par le marché. J’ai toujours pensé que le marché finissait un jour ou l’autre par évaluer une société à son juste prix parce qu’il existe la possibilité que la société se fasse racheter plus ou moins  intégralement, en offre publique, avec sortie de marché, ou pas. Sans cette possibilité, il n’y a aucune raison pour le marché de l’évaluer à son juste prix. C’est pourquoi j’ai vendu, pensant que le marché risque de la bouder encore longtemps s’il n’y a pas de catalyseur, et qu’il y a des catalyseurs négatif.  C’est la fin d’une longue histoire, de loin ma plus ancienne ligne, avec plusieurs articles, plusieurs AG etc… Vente de la ligne à 364 € dès le lendemain. J’avais acheté l’action 193 €. Avec les dividendes, on arrive à une plus-value de +122 % en 9 ans. C’est beaucoup moins que le PEA, mais  beaucoup mieux que le livret A.
  • Options call URW. Vendu avec une perte de quasiment -100 % le 18 juin, alors que 2 semaines plus tôt j’étais en plus-value de 50 %.
  • Options call Société Générale. PV = +200 %.

Nouvelles des sociétés

  • Media 6. Il y a eu une OPAS à 10,53 €. Les offres publiques sont au rabais en ce moment. Avant la date d’ouverture de l’offre, Eximium en achète sur le marché et précise au marché : “Eximium a l’intention de poursuivre ses achats en fonction des cours et des conditions de marché, et n’a pas l’intention d’apporter ses titres à l’opération décrite dans le cadre du projet d’offre présenté par Vasco SARL le 1er avril 2021”. Quel joli coup pour dire que le prix ne leur convient pas : non seulement ils se placeront juste au dessus du prix de l’offre, mais en le disant au marché, ils incitent les autres à faire de même. Ce qui devait arriver arriva : l’OPAS est ratée, Media 6 n’a acquis aucune action. Je n’ai vendu ni apporté aucune action.
  • Gaumont. D’après les Echos : “Lupin, la fiction de Netflix avec Omar Sy est dans le top 10 des audiences dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis où elle a été première ce week-end. Du jamais vu pour une série française.”
  • 1000 mercis. Fin  de l’offre. L’offre de rachat à 20 € a été sous-souscrite : 396 705 actions ont été apportées alors que la société avait proposé d’en racheter jusqu’à 450 000. Par ailleurs, le cours de bourse est resté autour de 18,75 €. Encore plus mysterieux, le cours bondit de 17 % et passe à 20,50 le lendemain du résultat de l’offre…

 Les loupés

Petit tour d’horizon des investissements manqués ces derniers temps.

  • Graines voltz. Je m’étais posé la question à 20 €, et comme Serge Voltz en achetait à 17 € aux salariés, j’attendais que le titre descende un peu avant de me positionner. Résultat : je l’ai regardé monté jusqu’à 100 €…
  • Passat . J’avais publié, il y a deux ans et demi, un article intitulé “Passat, net-net rentable”, au moment où le cours était à 5,8 €. J’en ai acheté atour de 4 $ en 2018, pour le revendre à 4,8 € quelques mois tard, car j’avais besoin de cash. Le cours est monté à 8 € en début de cette année…
  • Veltex corp. Acheté 0,1 $ en 2018 et revendu en légère perte quelques mois après. C’etait une coquille vide qui capitalisait 9 M$ mais qui depuis 10 ans essaye de récupérer 153 M$ (2,25 $ /action) qu’on lui doit, et que la justice lui a accordé en 1ere instance. Sans vraiment de nouvelle probante, elle vient de dépasser les 0,8 $…
  • CIOA. Acheté/vendu à 1 € l’an ernier, elle est montée jusqu’à 3,5 € récemment.
  • Videlio. J’avais ecrit un article il y a une an, lorsque l’action cotait 1,55 €. Je l’ai evendue au même prix quelques mois plus tard, estimant n’avoir pas assez étudié le titre. Il y a eu une OPA à 2,60 €…
  • SII. Repéré à 18 €, actuellement à 35 €.

La bourse est le temple des regrets. Mais je suis convaincu que prendre le risque de rater de belles occasions permet d’augmenter la sécurité du portefeuille.

▣ Performance et gains

Au 30 juillet, les performances sont grosso-modo en ligne avec les marchés : +5,7 % (PEA), ), +24,2 % (CTO), +15 % (Global). Les liquidités comptent pour 21 % du portefeuille.

Pour mémoire, fin juin, soit 9 ans après le début des portefeuilles, les performances étaient de : +9,3 % (PEA), ), +22,7 % (CTO), +16 % (Global). Les liquidités comptaient pour 16 % du portefeuille.

Régulièrement, je donne les gains mensuels nets du portefeuille afin de me persuader que le travail fourni est rentable. Voilà ce que ça donne aujourd’hui :

 

▣ Composition du portefeuille

La composition du portefeuille au 29 juillet 2021 est portée à 45 % par deux valeurs, et à 70 % par 8 valeurs. Les liquidités sont importantes, à 21 % :

Portefeuille global  
Hipay 25,41 %
Gaumont 18,95 %
Piscines Desjoyaux 7,26 %
PCAS 4,29 %
Quadient 4,08 %
Devoteam 3,60 %
TXCOM 2,81 %
Akwel 2,79 %
Kumulus Vape 1,93 %
Media 6 1,74 %
PowerFilm Inc. – Délisté 1,62 %
Malteries Franco-Belges 1,41 %
Financière de l’Odet 0,89 %
Euronav 0,72 %
International Seaways 0,09 %
Options Call Orange 0,00 %
Daubasses (4 lignes) 1,09 %
Total titres (16 lignes) 78,69 %
Liquidités 21,31 %

 

▣ Nouvelles du blog

Trois analyses publiées depuis le début de l’année sur le blog :

  • Quadient. Une société en reconversion partielle. Avec surtout un P/FCF riquiqui. Un investissement qui pour l’instant a tenu ses promesses avec environ +20 % en quelques mois.
  • Malteries franco-belges. Encore +20 % en quelques mois.
  • UFF. Un arbitrage, que j’ai abandonné, n’y croyant plus qu’à moitié.

Je vous souhaite un bon été à tous.

JL – 30 juillet 2021.

 

PS. Articles dans le journal Investir de  ce jour :

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Malteries franco-belges

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Malteries franco-belges (MALT), quel joli nom un brin désuet. Peter Lynch aurait sûrement aimé. Une liquidité riquiqui. Evidemment aucun analyste ne s’y intéresse. Pourtant, la société a fait plus de x5 depuis mon premier achat à 160 € en 2012. A l’époque, c’était une daubasse, et je l’avais revendue un an plus tard à +50 %… Elle cote aujourd’hui un peu plus de 800 €. Je ne vais pas m’appesantir sur l’analyse, car il s’agit (encore !) d’une situation spéciale.Continuer la lecture →

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Reporting décembre 2020

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On a tendance à considérer que les small caps sont plus dangereuses que les large caps. Je ne sais pas si c’est vrai, et en fait je ne sais même pas ce que le mot dangereux signifie ici.  Quoiqu’il en soit, Wirecard et URW nous ont prouvé (s’il le fallait encore) que les large caps peuvent être très dangereuses aussi. Les deux affaires sont emblématiques, chacune à sa manière. Wirecard était une société de croissance, bien en vue, et d’échelle mondiale. Son cours de bourse avait suivi cette croissance. Une fraude comptable est apparue, une fois de plus détectée par des spécialistes de la vente à découvert. En quelques semaines, la capitalisation est passée de 10 Mds€ à 50 M€ : une division par 200 ! Cette affaire montre que la fraude est possible dans toute société, même si elle est scrutée par de nombreux analystes, et même si elle auditée par un grand cabinet (EY en l’occurence). Pas de fraude a priori dans la deuxième affaire, juste une croyance que la taille de URW et son ancrage dans l’immobilier en faisaient une société de bon père de famille, qui allait continuer à croître tranquillement en versant des dividendes. URW nous a montré que ces croyances peuvent être mises à la poubelle. Nous avons eu droit à une deuxième leçon : pour sauver l’entreprise, le management a proposé une augmentation de capital ultra dilutive, où les actionnaires allaient donc quasiment tout perdre. Suite à l’intervention d’activistes comme Xavier Niel, les actionnaires ont refusé ce plan, ont mis en place une émission d’obligations qui ont été souscrites (et même plusieurs fois sursouscrites) à un taux moyen de 1 % : la preuve que le management était incompétent pour gérer ce problème.Continuer la lecture →

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Reporting septembre-novembre 2020

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Ce qui m’a le plus mis en rogne ces derniers temps, ce n’est pas l’image des trois policiers qui ont frappé Michel Zecler. C’est la suite, sur le trottoir : le policier en civil continue à frapper violemment (au centre sur la photo ici, et à 1 min 40 s sur la video mise en ligne sur Loopsider), de 7 ou 8 coups de poing, Mr Zecler, qui est au sol, et entouré d’au moins 6 autres policiers qui ne  réagissent pas.

C’était mon petit coup de gueule de fin d’année ! Et une pensée pour tous ceux à qui la même chose est arrivée.Continuer la lecture →

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Reporting mai-août 2020

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La Covid-19 nous l’a déjà un peu fait oublier, mais en juin, une information fracassante a retenti dans le monde de l’investissement : l’annonce de la fraude et du dépôt de bilan de Wirecard. Deux jours avant le dépot de bilan, la société allemande de paiements électroniques écrivait : “le groupe indique avoir des ‘discussions constructives’ avec ses prêteurs au sujet de ses lignes de crédit et de ses emprunts dus à la fin du mois de juin”. Si jamais nous avions un doute, l’élément de langage “discussion constructive” ne signifie pas grand-chose, essayons de nous en souvenir. J’ai lu aussi, après les premières annonces : “En attendant d’y voir plus clair, Moody’s a dégradé de six crans la note crédit de Wirecard, à B3, soit en catégorie spéculative.” Toujours en retard d’une guerre, les agences de notation. J’ai la faiblesse de penser que ce dépôt de bilan, et la perte consécutive de clients par Wirecard, sont plutôt bons pour Hipay. Enfin, cette histoire a donné l’occasion à Mirabaud Securities de rappeler les signaux de fraude qu’ils utilisent. Il peut être intéressant de garder cette liste dans un coin de sa tête : cf. article sur BFM Bourse.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Pas énormément de mouvements ces 4 derniers mois :Continuer la lecture →

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Reporting janvier-avril 2020

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Le printemps 2020 fût tout sauf banal. Après avoir cru que le Covid-19 ne serait qu’une “gripette”, alors qu’une province chinoise était confinée (nous avons été un peu aveugles, moi le premier), nous avons eu à nous confiner nous aussi. Et nous avons du faire ce qui semblait impossible jusque là : arrêter tout un pan de l’économie, pour éviter d’avoir des morts inacceptables parce que l’on n’aurait pas pu les prendre en charge en réanimation. Il y eut le krach boursier, faisant faire des -50 % à des valeurs pourtant solides. Il y eut enfin un krach mémorable du pétrole, vécu en direct le 20 avril. Je vis en quelques heures, le pétrole WTI descendre de 11 $ à 5 $, puis en quelques minutes passer en territoire négatif et ce jusqu’à -37 $, perdant -305 % dans la journée. Le contrat future pour livraison physique le 20 mai se terminait ce jour et il n’y avait plus de place pour stocker le pétrole qui serait livré : certains traders devaient absolument céder leur position quitte à payer pour les vendre. Que nous réservent les prochains mois ? Mystère.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Le marché déprimé m’a fait procéder à quelques arbitrages et aller-retours entre janvier et mars :Continuer la lecture →

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Videlio, l’affaire du moment ?

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Vidélio (ex IEC Professionnel Média) est une nano cap active dans la vidéo. Elle conçoit, réalise et exploite des systèmes audiovisuels professionnels dans les domaines du sport, de l’événementiel, de la croisière maritime, des musées, de la scène, du cinéma, de la musique, des médias, de l’hotellerie-restauration, et du corporate en général. Cette société ne semble pas intéresser les investisseurs : j’ai trouvé très peu d’information sur les forums boursiers.

▣ Données financières brutes

Lorsqu’on compile quelques données financières brutes (cf. rapport annuel 2019), on reste interloqués par ses ratios de valorisation très faibles :Continuer la lecture →

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Reporting décembre 2019

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Pour la fin de l’année, je vous propose une imagerie liée à l’actualité, celle des manifestations contre la réforme des retraites. Les révoltes ont toujours été liées aux slogans et au graphisme. Ci-contre, un graffiti végétal : de la mousse du jardin, fixée à la colle bio à base de farine. Cela fait toujours son petit effet auprès des passants. Juste après, on franchit un palier dans la colère. Entre certains citoyens et la police, la confiance républicaine est rompue. C’est vrai bien sûr des black blocs, mais aussi de citoyens plus standards choqués par les violences non sanctionnées. On le verra notamment dans ce long débat. Pour des documents plus courts, on pourra commencer par cet excellent décryptage du Monde, puis cette enquête sur l’agression menée par la BAC de Bordeaux. Même les organisations internationales de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont dénoncé les violences policières.

Nouvelles du portefeuille et des sociétésContinuer la lecture →

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Esso, au tapis

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Cela fait un certain temps que je suis la dégringolade de ce titre car à 60 € il était déjà bien en dessous de ses fonds propres. Mais je n’en avais pas acheté car je sais bien que certains actifs nets ne valent pas forcément grand-chose. Aujourd’hui, l’idée est différente puisque la société cote sous son cash net, c’est-à-dire de sa trésorerie minorée des dettes financières. On a en effet après le 3e trimestre 2019 :

  • Cours de référence = 22,2 €/action
  • Nombre d’actions N = 12,8 M
  • Capitalisation P = 285 M€
  • Cash net = 438 M€.

Le BFR est certainement positif puisqu’il était de 800 M€ fin 2018. Nous avons donc affaire à une EV < 0. Comment est-on passé de -88 à +438 M€ de cash net en un trimestre ? Mystère, qu’il serait mieux de résoudre mais la communication financière ne le précise pas : on ne peut pas dire que le respect des minoritaires soient la priorité de Esso. Faute de réponse, mon investissement est aujourd’hui purement automatique : les EV < 0 sur-performent le marché. Et j’en ai pris une petite portion, 3 % de mon portefeuille.Continuer la lecture →

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Reporting octobre-novembre 2019

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La photo de ce mois est encore un clin d’oeil à  la célèbrissime photo de 1932, “Lunch atop a skyscraper”, des ouvriers sur un gratte-ciel en construction. Cette fois, ce sont des grimpeurs au sommet du Monolithe de Sardières, à Aussois (73). Un de mes prochain objectif de “balade” quand le printemps sera revenu.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

  • DNXCorp. La société a annoncé en octobre vouloir procéder à un rachat d’action. J’en ai profité pour les vendre sur le marché. PV = +33 % en 3 mois.
  • Akwel. J’en avais déjà acheté assez le mois dernier, puis j’avais oublié d’enlever un ordre épuisette qui a fini par être exécuté. Alors j’ai revendu ce surplus après une petite remontée du titre. Aller-retour à +8 % en quelques semaines. Suite aux bons résultats du 3e trimestre, le titre a continué à monter. Les analystes sont tous enthousiastes : Boursier.com vise 30 €, IDMidcaps 23 € mais avec des ratios “très conservateurs” (EV/EBIT = 5,5 dans un secteur à 8,2). Nous en sommes à +20 % depuis mon achat il y a deux mois.
  • Cogra. Fabricant de granules bois et de poêles à granules. Grosse croissance dans un marché très porteur. 3 % du portefeuille. Revendu 1 semaine plus tard avec une PV de +10 %. Je n’étais pas très à l’aise pour garder cette action plus loin.
  • BD Multimédia. Nouvelle ligne avec un beau potentiel. Achat entre 2,5 et 2,64 € pour 3 % du portefeuille. Publication d’un article.
  • Media 6. Une vieille connaissance. Achat à 10 € pour 3 % du portefeuille. On est à un EV/EBITDA = 2, c’est massacré.
  • Esso. Cela fait un bout de temps que je la surveille avec une grande patience. Le cours a été divisé par 3 en 2 ans. La dernière publication indique que le cash net est de deux fois le cours de bourse (tempérons : ce cash varie beaucoup au cours du temps…). J’achète donc cette EV>0 dans une optique deep value, pour 3 % du portefeuille. Un petit article paraitra bientôt.
  • L’affaire boursière médiatique du moment a été l’introduction en bourse de la Française des jeux. En terme d’investissement, la chose ne m’intéresse guère, car je doute que l’on puisse faire une affaire avec une introduction médiatique. Si cela vous intéresse, Phil en a fait une belle analyse sur son blog Culture Financière. Il corrobore mon intuition. D’un point de vue du citoyen, je trouve que c’est un étrange deal de vendre une société qui rapporte plusieurs % par an, quand on peut emprunter à 0 %. Personnellement, si je devais gérer l’argent des autres, je ferais l’inverse.

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Reporting juillet-septembre 2019

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C’est une photo souvenir qui illustre le reporting de ce mois. Celle de cinq ouvriers du centre Wilshire à Los Angeles. Quatre-vingt sept ans après, elle ne peut évidemment que nous rappeler la célèbrissime “Lunch atop a skyscraper” (ci-dessous), prise en septembre 1932 par un photographe non identifié, en vue d’une publicité pour des bureaux. Avec ses ouvriers enthousiastes et intrépides, cette dernière a été vue comme un symbole de l’optimisme et de la résilience des États-Unis en pleine période de Grande Dépression économique suite au krach boursier de 1929.

De la Grande Dépression post-1929 passons, au portefeuille engagé pendant la Grande Récession post-2007…

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Reporting mai-juin 2019

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Les frères Lumière possédaient une très belle résidence secondaire dans la ville d’Évian, sur les bords du lac, à coté des thermes. De nos jours, cette maison que l’on nomme Villa Lumière héberge l’Hôtel de ville, et l’on a donné le nom de Palais Lumière aux anciens thermes. Ce Palais héberge la magnifique bibliothèque municipale et un centre d’expositions artistiques. L’exposition Derniers impressionnistes, le temps de l’intimité, rassemblait quelques 250 oeuvres, peintures et dessins, et a pris fin début juin. Si vous voulez la voir pendant vos vacances, elle se tiendra au cours de l’été 2019 au Musée des Beaux-Arts et au Musée Départemental Breton de Quimper. Son affiche reprenait l’extrait ci-contre du tableau “Au bord de la Manche” (vers 1924) de René-Xavier Prinet (1861-1946).

J’en profite pour souhaiter un bon été à tous.Continuer la lecture →

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Reporting janvier-avril 2019

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Après 6 ans et demi de publication d’œuvres d’art sur le blog, une nouvelle, entendue sur Arte, me pousse à parler d’un sujet qui me tient à coeur depuis bien longtemps : la défense des droits humains. Mi-mars, j’entendais que le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov était toujours détenu par le pouvoir russe, depuis 5 ans, actuellement dans une prison du nord de la Sibérie. Il est accusé de “préparation d’actes de terrorisme” ; en réalité, il est détenu arbitrairement pour s’être opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie. Si vous souhaitez plus de renseignements, ou signer la pétition pour le faire libérer, c’est sur le site d’Amnesty International.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Assez peu de mouvements de portefeuille pendant le quadrimestre. C’est en partie la raison pour laquelle je n’ai pas fait de reporting plus tôt.Continuer la lecture →

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Reporting novembre-décembre 2018

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L’année 2018 s’est terminée pour moi à la neige, dans un village d’altitude peu équipé en réseau. C’est donc avec retard que je publie le dernier reporting de l’année. Je n’ai pas échappé à la baisse générale des marchés, et mes portefeuilles terminent à mi-chemin entre le CAC 40 (-11 %) et le CAC small (-27 %).

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

En cette fin d’année, les soldes boursiers étaient en avances sur les soldes vestimentaires. J’ai donc fait quelques remaniements, consistant à vendre un certain nombre de petites positions en lesquelles je ne croyais qu’à moitié, pour faire un peu de cash.Continuer la lecture →

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Reporting septembre-octobre 2018

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 Pour prolonger un peu l’été, voici un dessin original de Gibrat, qui a servi de couverture pour la nouvelle édition en un volume de sa BD intitulée Le sursis (2010)La preuve en image que la BD c’est de l’art aussi. Avis aux  collectionneurs, ce dessin est en vente 50 k€ sur Ebay.

Un peu avant l’été, j’avais aimé lire la Lettre Sextant (Amiral Gestion) du premier trimestre 2018 écrite par Francois Badelon. J’en partage l’optimisme, et aussi la remarque que notre société n’arrive pas à résoudre certains problèmes simples alors qu’elle en résout de complexes. Et que nos descendants nous trouveront arriérés sur certains points (il donne l’exemple de la production d’armes).Continuer la lecture →

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