On a tendance à considérer que les small caps sont plus dangereuses que les large caps. Je ne sais pas si c’est vrai, et en fait je ne sais même pas ce que le mot dangereux signifie ici.  Quoiqu’il en soit, Wirecard et URW nous ont prouvé (s’il le fallait encore) que les large caps peuvent être très dangereuses aussi. Les deux affaires sont emblématiques, chacune à sa manière. Wirecard était une société de croissance, bien en vue, et d’échelle mondiale. Son cours de bourse avait suivi cette croissance. Une fraude comptable est apparue, une fois de plus détectée par des spécialistes de la vente à découvert. En quelques semaines, la capitalisation est passée de 10 Mds€ à 50 M€ : une division par 200 ! Cette affaire montre que la fraude est possible dans toute société, même si elle est scrutée par de nombreux analystes, et même si elle auditée par un grand cabinet (EY en l’occurence). Pas de fraude a priori dans la deuxième affaire, juste une croyance que la taille de URW et son ancrage dans l’immobilier en faisaient une société de bon père de famille, qui allait continuer à croître tranquillement en versant des dividendes. URW nous a montré que ces croyances peuvent être mises à la poubelle. Nous avons eu droit à une deuxième leçon : pour sauver l’entreprise, le management a proposé une augmentation de capital ultra dilutive, où les actionnaires allaient donc quasiment tout perdre. Suite à l’intervention d’activistes comme Xavier Niel, les actionnaires ont refusé ce plan, ont mis en place une émission d’obligations qui ont été souscrites (et même plusieurs fois sursouscrites) à un taux moyen de 1 % : la preuve que le management était incompétent pour gérer ce problème.

Nouvelles du portefeuille et des sociétés

Ce fût une année riche en émotions de toutes sortes. Le portefeuille a vivoté au début de l’année pour se reprendre sérieusement à partir de l’annonce des bons résultats de Hipay, pour encore accélérer en novembre et décembre.

Plusieurs arbitrages m’ont été offerts ce mois :

  • 1000mercis. Acheté 17,40 € pour environ 3 % du portefeuille, car elle me paraissait au prix de son immobilier, avec un business offert (voir l’article). L’offre publique ayant été rehaussée de 18 à 20 €, l’achat est devenu un arbitrage : la possibilité de faire quelque % en un ou deux mois. Inconvénient : le rachat peut être non complet. Avantage : en cas  de rachat  non complet, je restais avec un titre peu cher. Au bout du compte, j’ai préféré faire quelques liquidités pour un arbitrage plus sûr (Sofragi) et ai revendu à 18,90 €, avec une PV de 8 % en 1 mois.
  • Sofragi. La Sicaf va être transformée en Sicav non cotée. Pratiquement, cela signifie qu’au lieu de s’échanger au prix du marché, c’est-à-dire sous la valeur liquidative (VL), on pourra la vendre ou l’acheter, à la Sicav, au prix de la valeur liquidative dès le 7 janvier. Avant la sortie de cote, j’en ai acheté une assez grande quantité (9 % du portefeuille) à un PRU = de 1564 € environ, pour une VL début décembre de 1671 € (30 décembre : 1663 €), dans l’espoir de la revendre avec un gain de +7 % en 3 semaines. Evidemment, il y a un risque, celui que la VL change d’ici là. Mais comme le “risque” est autant à la hausse qu’à la baisse, je considère que l’espérance de gain, au sens mathématique, est de +7 %. Il faut aussi remarquer que la Sicav n’a une exposition nette aux actions que pour environ 50 % de son encourt. Il faudrait donc que le portefeuille actions baisse de 14 % d’ici le 7 janvier pour que je sois en perte à cette date.
  • J’ai actuellement en cours un arbitrage plus complexe, mais il porte sur un titre très peu liquide, dont le cours change rapidement en ce moment, et dont on attend des nouvelles. Je vous en parlerai probablement courant janvier.

Profitant de diverses hausses, j’ai procédé à quelques ventes :

  • Hopscotch. J’avais écrit le mois dernier que cette société de l’évènementiel « a été évidemment très affectée par la crise du Covid, et le sera probablement encore. Mais les ratios de valorisation sont très faibles. […] J’ai acheté cette société à l’annonce de l’efficacité des vaccins. Je pense que l’évènementiel reprendra. » Après l’annonce de partenariat et de prise de participation de Reworld Media, le cours a flambé et j’en ai profité pour vendre avec une PV = +60 % en un mois.
  • Akwel. Petit allègement. +28 % en 15 mois.
  • Renault. Nouvelle hausse, nouvel allègement. PV = 0 %.
  • Hipay. Ecrêtement à 14,30 €.
  • DLSI. Je préfère faire autre chose sur mon portefeuille (les arbitrages). +17 % en 1 mois.

J’ai aussi acheté quelques call sur Orange, comme ticket de loto.

▣ Performance et gains

Après deux années de disette, pendant lesquelles les small et value ont été à la peine, le portefeuille est bien reparti en 2020,  : + 29,79 % (PEA), + 27,33 % (CTO), + 28,54 % (Global) soit bien au dessus des indices français (cf. tableau). La performance est évidemment tirée par Hipay, mais pas uniquement.

Bilan détaillé :

Régulièrement, je donne les gains mensuels nets du portefeuille afin de me persuader que le travail fourni est rentable. Voilà ce que ça donne aujourd’hui :

▣ Composition du portefeuille

La composition du portefeuille au 31 décembre 2020 est supportée à 50 % par deux valeurs, et à 72 % par 5 valeurs :

Portefeuille global  
Hipay 29,20 %
Gaumont 20,51 %
Sofragi 8,60 %
Cofidur 6,66 %
TXCOM 6,34 %
Akwel 2,99 %
Media 6 2,14 %
Arbitrage sur titre illiquide 2,09 %
Vicat 1,92 %
PowerFilm Inc. – Délisté 1,86 %
Quadient 1,47 %
Plastivaloire 1,37 %
Esso 0,96 %
Euronav 0,74 %
Financière de l’Odet 0,73 %
Renault 0,67 %
Civeo Corp. 0,46 %
Options Call URW, GLE, ORA 0,15 %
International Seaways 0,10 %
Daubasses (4 lignes) 1,10 %
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