Encore un prix d’offre publique qui soulève la contestation des « petits » actionnaires. Après les contestations des prix sur les entités Bollorés, sur la fermière du casino de Cannes, sur Gaumont, voici maintenant une contestation des petits porteurs sur Lexibook.

On parle d’une société de ventes de jouets en ligne qui a connu une forte croissance ces dernières années. Une OPA à 4 € a été initiée fin 2024 par les majoritaires associés à Lawrence Rosen LLC un acteur du jouet aux US. Il y a donc une potentialité de forte croissance en entrant sur le marché US. J’écrivais à l’époque : « La société est très insistante : j’ai reçu de multiples courriers et mails pour m’inciter à participer à l’OPA. Ils semblent vouloir collecter le maximum d’actions. » Etant donné cette insistance, il était clair qu’il fallait ne pas apporter à l’offre, mais renforcer, ce que j’ai fait. Les majoritaires achètent rarement parce que l’entreprise se porte mal…

Cette année, les même majoritaires nous informent qu’ils vont lancer une OPAS puis une OPRO, c’est-à-dire une offre de retrait obligatoire (il est assez certain qu’ils vont obtenir les 90 % du capital), au prix de 8 €. Puisqu’il s’agit d’une expropriation, il faut que le prix soit juste. Et que l’expert indépendant décide réellement en toute indépendance.

Or certains petits porteurs ne sont pas du tout contents, ont donc porter leurs arguments auprès de l’expert indépendant, comme le droit boursier les y autorise, et me l’ont fait savoir. Voici le courrier

ici en pdf

que l’un d’entre eux à adressé à l’expert indépendant. Il valorise, lui, la société à 20 € par action, dans une hypothèse qu’il juge pas spécialement optimiste.

Un autre actionnaire minoritaire écrit à l’expert pour questionner son indépendance. Voici le courrier

ici en pdf.

De mon coté je vois qu’avec un capital de 7,76 M d’actions, le cours de 8 € correspond à une capitalisation de 62 M€. La trésorerie nette est positive (bilan au 31 mars 2025) à 7,1 M€, soit une valeur d’entreprise d’environ 55 M€. La dernière marge brut d’autofinancement (MBA) est de 9,4 M€, pour des capex de 0,5 M€. Si l’entreprise ne croit pas, alors les variations de BFR normalisées seront nulles et le FCF sera donc de 8,9 M€. Si l’on ne comptabilise pas l’argent gagnée depuis un an, et si on fait fi de la croissance des années futures, alors on obtient ainsi un P/FCF de 6,2. C’est très faible pour une société dont la rentabilité  est forte (ROCE de 25 %), avec un potentiel de croissance très grand, et dont la MBA est passée ces trois dernières années de 2,7 M€ à 6,7 M€ puis 9,4 M€. On attend avec impatience le nouveau rapport annuel pour affiner.

La peinture en tête d’article est Le tricheur de Georges de la Tour. Il faudrait être malicieux pour y voir un rapport avec notre affaire.

JL, 19 juin 2026.

 

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